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ESPACE
Quand le Soleil tousse
G.T.
Mis en ligne le 19/11/2008
Moins médiatisés que les aléas de la météo terrestre, les caprices de la météorologie spatiale n’en sont pas moins à l’origine de désagréments très concrets pour de nombreuses infrastructures technologiques. Depuis lundi et jusqu’à la fin de cette semaine, les scientifiques européens les plus pointus en la matière sont réunis à Bruxelles pour dresser l’état des lieux des connaissances sur le sujet en présence des représentants des industries directement concernées par cette problématique.
"La météo spatiale est surtout liée à l’activité solaire qui repose sur des cycles de 11 ans", explique Ronald Van der Linden de l’Observatoire royal de Belgique. Nous sommes actuellement dans une période de basse activité, poursuit-il, mais celle-ci monte en puissance et dans quelques années les éruptions solaires vont se multiplier, émettant trois types de rayonnement. "I l y a tout d’abord les émissions de rayons X et d’ultraviolets extrêmes. Celles-ci ont un impact potentiel pour les astronautes embarqués à bord de l’ISS, par exemple, mais aussi pour les passagers des avions qui volent à haute altitude. Ce sont surtout les avions qui survolent les régions polaires qui sont concernés car l’exposition à ces rayonnements plus intenses les empêche d’établir des communications par radio HF. S’ils doivent être déroutés en cours de route, c’est très coûteux. Les compagnies préfèrent donc pouvoir planifier ces changements de plans de vol à l’avance."
Satellites et GPS perturbés
Le fonctionnement des satellites peut pour sa part être très sérieusement perturbé par les émissions de particules à très haute énergie qui se dégagent du soleil. "Celles-ci peuvent affecter la puissance des panneaux solaires, perturber les systèmes électroniques et parfois mener à une complète mise hors service du satellite". Enfin, les nuages de plasma éjectés dans l’espace ont une fâcheuse tendance à perturber le champ géomagnétique terrestre, ce qui a des conséquences sérieuses sur le fonctionnement des systèmes de navigation comme le GPS.
Les impacts éventuels de ces rayonnements sur la santé sont quant à eux encore mal connus. "En cas d’épisode de fort rayonnement, les astronautes disposent de compartiments protégés dans l’ISS car une exposition accrue peut présenter des risques pour leur santé à long terme. Sur terre, l’atmosphère sert de filtre. Il existe des études sur ce sujet, mais ce domaine n’en est encore qu’à ses débuts. L’une d’entre elles a mis en évidence un lien entre météo spatiale et attaque cardiaque, mais le sujet fait débat", explique encore M.Van der Linden.
La Belgique possède une expertise internationalement reconnue dans cette matière, souligne-t-il. Celle-ci repose sur le "Solar-Terrestrial Centre of Excellence" (STCE), une structure qui regroupe les compétences des experts en météo spatiale de l’Observatoire royal, de l’IRM et de l’Institut d’aéronomie spatiale. "L’objectif est de valoriser ce savoir-faire afin que le STCE devienne un centre de recherche et de services de référence à l’échelle européenne et internationale."
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