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Les marchés broient du noir face aux difficultés économiques
Mis en ligne le 19/11/2008 à 22:50
WASHINGTON (AFP)
La Bourse de New York a plongé à son plus bas niveau depuis plus de cinq ans: l'indice Dow Jones a perdu 5,07% à 7.997,28 points. La décision du secrétaire américain au Trésor Henry Paulson de ne pas puiser davantage dans les 700 milliards de dollars mis à sa disposition pour aider les banques a mis la pression sur les valeurs financières.
La plaidoirie des constructeurs automobiles américains devant le Congrès pour obtenir le versement de nouvelles aides a aussi inquiété Wall Street.
"Cela ne semble pas se passer très bien", a observé l'analyste Anthony Conroy, de BNY ConvergEx Group.
En Europe, où les valeurs automobiles et bancaires ont aussi particulièrement souffert, la Bourse de Londres a lourdement chuté de 4,82% en clôture, Paris perdant 4,03%, Francfort 4,92%, Madrid 3,74% et Milan 2,90%.
Face à la récession qui se répand, l'Union européenne envisage un plan de relance de 130 milliards d'euros devant le marasme croissant de l'économie mondiale et des marchés, qui contraint les constructeurs automobiles à multiplier les appels à l'aide.
Un porte-parole de la Commission a toutefois jugé "prématuré de discuter de la taille et de l'orientation détaillée de ce paquet" qui doit être adopté mercredi prochain.
La France et l'Allemagne vont auparavant tenter d'accorder leurs violons le 24 novembre lors d'un conseil franco-allemand largement consacré à la mise au point de "mesures concrètes" de relance.
Aux Etats-Unis, deux nouveaux indicateurs ont sapé le moral des investisseurs:
- Les mises en chantier de logements et le nombre de permis de construire, respectivement en recul d'un mois sur l'autre de 4,5% et 12%, ont chuté en octobre à leur plus bas niveau depuis 48 ans.
- Les prix à la consommation ont baissé en octobre de 1,0% par rapport au mois précédent, accusant la plus forte baisse mensuelle jamais vue.
Ce brusque recul de l'indice des prix alimente les craintes de déflation, un phénomène pernicieux de baisse prolongée des prix et de la consommation.
Ces chiffres "semblent indiquer une récession plus profonde que certains ne l'avaient anticipé", relevait Anthony Conroy.
Quant à la Réserve fédérale américaine, elle a prédit que le produit intérieur brut des Etats-Unis devrait évoluer en 2009 dans une fourchette comprise entre -0,2% et 1,1%, revoyant ainsi en forte baisse ses anciennes projections.
Après "la crise financière, même si elle est loin d'être terminée, la crise économique a pris le relais", a estimé le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn.
Il a préconisé "des efforts conjoints des autorités, banques centrales et gouvernements" et du secteur privé qui "a un rôle essentiel à jouer pour sortir de cette situation".
L'aide en discussion aux constructeurs automobiles américains sème l'inquiétude auprès de leurs concurrents canadiens et européens, qui craignent d'être désavantagés si une aide publique est versée par Washington.
En Europe, le président du groupe Fiat, Luca Cordero di Montezemolo a jugé mercredi "nécessaires" des mesures de soutien à l'industrie européenne, tandis qu'en Grande-Bretagne le secteur automobile a écrit une lettre en ce sens au gouvernement.
Face aux difficultés du secteur, l'un des plus gros employeurs d'Europe, l'Union européenne s'oriente vers des mesures de soutien ciblées, pour encourager une reconversion vers les véhicules "verts", de préférence à un plan de sauvetage classique.
"Il n'y aura pas de subventions, et d'ailleurs l'industrie ne demande pas de subventions", a assuré le commissaire européen à l'Industrie Günter Verheugen.
L'association des constructeurs européens, ACEA, réclame 40 milliards d'euros de prêts à taux réduit pour financer la mise au point de véhicules plus verts.
Le constructeur automobile japonais Toyota va arrêter la production dans toutes ses usines aux Etats-Unis et au Canada pendant deux jours en décembre.
D'autres secteurs entrent à leur tour en crise.
Le numéro un mondial de la chimie BASF a annoncé un plan de réduction de sa production avec un arrêt temporaire de 80 usines, touchant 20.000 salariés.
Confronté à la baisse de la demande des clients automobiles, le groupe chimique français Rhodia va réduire de 40% sa production sur ses trois sites français.
L'Espagne a désormais un pied dans la récession, avec la confirmation que son produit intérieur brut s'est contracté de 0,2% au troisième trimestre par rapport au précédent.
Le moral des industriels britanniques a continué de se dégrader en novembre, l'indice tombant à son plus bas niveau depuis 1980.
Les prix du pétrole ont une nouvelle fois reculé à New York, après la confirmation du net recul de la demande de produits pétroliers aux Etats-Unis. Le baril a fini à 53,62 dollars, en baisse de 77 cents.
Le dollar a gagné du terrain, profitant de son statut de valeur-refuge face à la chute des Bourses. Vers 21H30 GMT, l'euro valait 1,2520 dollar contre 1,2621 dollar mardi soir.
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