Triple meurtre sordide d'un criminel récidiviste
- Publié le 25-08-2005 à 00h00
Un triple meurtre a été commis par un récidiviste dans la nuit de mardi à mercredi, rue François Ennot à Ans. "Des faits particulièrement horribles", a déclaré hier le magistrat de presse du parquet de Liège. Vers 1 heure du matin, Jean-Claude Lajot, âgé de 53 ans, a pénétré dans la maison où vivaient Marie Mutzinka, d'origine rwandaise et âgée de 46 ans, et les trois fils qu'elle avait eus avec le père de l'assassin, René Lajot, né en 1926 et décédé il y a deux ans. L'homme a agressé avec un couteau sa belle-mère et ses demi-frères, Jean-Yves (19 ans), Jean-Michel (15 ans) et Jean-Patrick (18 ans). Seul ce dernier a pu s'échapper, blessé, et courir chez un voisin, ce qui a provoqué l'alerte. Les trois autres personnes sont mortes égorgées, "retrouvées dans les chambres et dans la salle de bains", a précisé le magistrat. Le survivant, "dont les jours sont encore en danger" a été transféré à la clinique de l'Espérance.
L'auteur des faits a été retrouvé par la police à la gare d'Andenne à 5 heures du matin "sans aucune trace de sang sur lui". Il a été déféré au juge d'instruction dans le courant du mercredi après-midi. Ce récidiviste avait déjà été écroué à Louvain en 1990 et condamné en mai 1992 par la cour d'assises de Bruxelles pour le double assassinat, en juin 1990, de sa mère, Marie-Antoinette Loix, première épouse de René Lajot, et de sa tante. En 1992, il avait alors été transféré à la prison de Forest et en 1997, il avait bénéficié de congés pénitentiaires, d'où son arrivée en région liégeoise. Selon un voisin, il aurait vécu à Ans avant de s'installer, à la mort de son père, à Ohey. C'est en juin 2000 que l'assassin a bénéficié d'une libération conditionnelle. Le magistrat parle d'un mobile lié "à des problèmes d'héritage". Quant à d'éventuelles menaces préalables, le parquet constate qu'à ce jour "depuis 2000, aucun PV n'a été dressé à sa charge". Sur les lieux, c'était la consternation. "On savait que la première épouse de René était décédée mais jamais on n'aurait imaginé ce passé ", commente une voisine, dont le fils vient de perdre l'un de ses meilleurs amis. Une récidive qui relance le débat sur le suivi des libérations conditionnelles.
© La Libre Belgique 2005
