Financement du terrorisme: "Le travail est fait, stop à l'intox" répond Ducarme au PS
"Je me réjouis que le PS essaye de s'impliquer dans les dossiers de renseignement et de terrorisme même si leurs propositions en matière de financement sont un peu dépassées", a souligné mercredi Denis Ducarme (MR).
- Publié le 09-12-2015 à 16h02
- Mis à jour le 09-12-2015 à 16h03

"Le travail sur le financement est fait", a répliqué mercredi le chef de groupe MR à la Chambre Denis Ducarme après le dépôt par le parti socialiste de propositions de loi visant à assécher le financement du terrorisme, un volet dont le Boulevard de l'Empereur a constaté l'absence dans l'arsenal gouvernemental anti-terrorisme.
M. Ducarme se dit par ailleurs "choqué" par les affirmations répétées du président du PS Elio Di Rupo selon qui les budgets annoncés par le gouvernement en matière de sécurité interviennent après que l'équipe Michel avait réalisé un désinvestissement dans ces services. "Stop à l'intox", répond le chef de groupe MR.
"Je me réjouis que le PS essaye de s'impliquer dans les dossiers de renseignement et de terrorisme même si leurs propositions en matière de financement sont un peu dépassées", a souligné mercredi Denis Ducarme auprès de l'agence BELGA.
Renvoyant aux douze mesures prises par le gouvernement après les attentats de Charlie Hebdo et de l'opération antiterroriste à Verviers en janvier, le député réformateur rappelle que le "gel des avoirs" a pu être obtenu grâce à l'activation d'un arrêté royal de 2006, "enfin sorti des limbes" grâce à une circulaire.
"En matière de financement, j'invite l'ancien Premier ministre à lire le projet du gouvernement Pot-pourri II et singulièrement son nouvel article sur la transmission d'informations entre la Cellule de Traitement des Informations Financières (CTIF) et les services de renseignements", poursuit M. Ducarme. "Au-delà, le ministre de la Justice Koen Geens a été chargé par le gouvernement d'une mission afin d'examiner comment l'Europe peut s'engager davantage encore sur le gel des avoirs dans le cadre du Groupe d'action financière (GAFI)".
Le chef de groupe de la majorité indique par ailleurs que la CTIF est en lien avec le Conseil national de sécurité (CNS) à travers un comité qui permet de faire remonter ses informations. Le CNS a confié, en juin, à la CTIF le pilotage d'une cellule contre le financement du terrorisme.
"Le gouvernement est donc allé assez loin en matière de financement, et j'invite le parti socialiste à voter le projet de loi Pot-pourri II. Par ailleurs, il est vrai qu'en matière de gel des avoirs, on aurait pu aller plus vite. Aujourd'hui, je dis 'bravo' au PS mais je dirai surtout 'bravo' quand il aura voté ce qui est dans le pipeline".
Par ailleurs, "cela me choque d'entendre, de façon répétée de la bouche de M. Di Rupo et des autres représentants du parti socialiste, qu'en matière de sécurité et de renseignement, on aurait coupé les vivres, stop à l'intox", a réagi Denis Ducarme. "En 2015, par rapport à 2014, après le conclave, les investissements ont notamment permis d'engager 40 analystes supplémentaires moyennant un budget supplémentaire de 5,9 millions d'euros pour la Sûreté alors que les moyens ont également été revus à la hausse pour l'OCAM". Selon le réformateur, il est "regrettable" de remettre cela en question. "Après le budget 2014, on investit davantage en 2015, davantage aussi en 2016".
Enfin, répondant à la suggestion du PS d'affecter les 400 millions d'euros supplémentaires pour la sécurité en trois tiers, Denis Ducarme a dit souhaiter "dépasser les formules et autres éléments de langage qui passent très bien, du style, un tiers, un tiers, un tiers".
"Ce qui compte, c'est de voir le fond quant aux moyens qui seront affectés en fonction des besoins et des engagements supplémentaires déjà prévus pour l'OCAM et les unités spéciales de la police fédérale", a indiqué M. Ducarme.
Par ailleurs, alors que le parti socialiste a formulé des propositions en matière de prévention du radicalisme, le chef de groupe MR a invité M. Di Rupo à "activer ses représentants actuellement aux responsabilités" dans les Régions et Communautés. "Je suis un peu surpris de ne pas voir le président du parti socialiste houspiller messieurs Magnette et Vervoort afin qu'ils prennent leur part dans l'effort à réaliser", a-t-il conclu.
Le PS a annoncé mercredi le dépôt de propositions de loi visant permettre à la CTIF d'avoir accès au point de contact central des comptes en banque dans le pays, étendre les compétences de la CTIF à la détection du radicalisme violent et à permettre un meilleur suivi par les Parquets des informations transmises par la CTIF.
