Intrusions de drones dans l'espace aérien belge : deux aéroports paralysés, Bernard Quintin demande la convocation du Conseil national de sécurité
L'espace aérien belge a été temporairement fermé à plusieurs reprises mardi soir, après la détection de drones au-dessus de plusieurs aéroports et bases militaires.

- Publié le 04-11-2025 à 20h14
- Mis à jour le 05-11-2025 à 13h47

L'espace aérien au-dessus de Brussels Airport a été temporairement fermé, peu avant 20 heures, suite à l'observation de drones. Dans ce genre de situation, les procédures de sécurité prévoient une fermeture temporaire de l'espace aérien. Après trente minutes, de nouvelles observations sont effectuées : si aucune activité suspecte n'est détectée, le trafic peut reprendre.
Pendant la fermeture, les avions ont soit été déviés vers d'autres aéroports, soit sont restés en vol. Le trafic a également été suspendu à l'aéroport de Liège pour les mêmes raisons.
Les deux aéroports ont rouvert peu après 21 heures, avant de fermer à nouveau quelques minutes plus tard après une nouvelle détection de drones, a annoncé Skeyes.
Selon Kurt Verwilligen, porte-parole de Skeyes, le trafic aérien en survol n'est pas affecté. L'aéroport de Zaventem précise sur son site internet que les vols sont temporairement suspendus : "Il n'y a actuellement aucun vol au départ ni à l'arrivée à Brussels Airport en raison de signalements de drones autour de l'aéroport. Nous fournirons des mises à jour dès que nous aurons plus d'informations."
Selon Brussels Airport, ces incidents ont engendré 28 annulations : 12 au départ et 16 à l'arrivée. L'aéroport n'était cependant pas en mesure d'en dire plus concernant les vols déviés vers 22h30.
D'autres drones ont été signalés au-dessus des bases aériennes de Kleine-Brogel et de Florennes, mardi soir. À Charleroi, deuxième aéroport du pays, le trafic a également été provisoirement suspendu pour les arrivées, par mesure de précaution, selon la société exploitante.

Le ministre de l'Intérieur réagit
Le ministre de l'Intérieur, Bernard Quintin (MR), a demandé au Premier ministre Bart De Wever de convoquer rapidement le Conseil national de sécurité, après que plusieurs drones ont été aperçus au-dessus d'aéroports du pays. "Nous ne pouvons pas permettre que nos aéroports soient perturbés par des vols de drones incontrôlés. Cela nécessite une réaction coordonnée et nationale", a souligné le ministre.
"Notre aéroport national a été paralysé ce soir après que plusieurs drones ont été repérés au-dessus de l'aéroport. Le trafic aérien a brièvement repris avant d'être à nouveau interrompu. L'aéroport de Liège a lui aussi été fermé pendant un certain temps après des observations similaires", a déclaré le ministre Quintin mardi soir.
Le ministre a insisté sur le fait que la sécurité des voyageurs et du personnel restait une priorité absolue. La police fédérale et la Défense suivent la situation de près. Les services du ministère de l'Intérieur sont en contact permanent avec les autorités aéronautiques, la Défense et la police fédérale afin de suivre la situation, d'évaluer les risques et de prévenir tout nouvel incident, a-t-il précisé.
"C'est de la déstabilisation"
Comme plusieurs pays européens depuis deux mois, la Belgique connaît des épisodes de survol de drones jugés suspects au-dessus de lieux ou d'infrastructures sensibles.
Le week-end dernier la base militaire de Kleine-Borgel (nord-est) qui abrite des armes nucléaires américaines a été survolée à trois reprises, ce qui a entraîné l'ouverture d'une enquête par le service de renseignement militaire belge.
Interrogé lundi le ministre de la Défense Theo Francken a refusé de pointer du doigt la Russie derrière ces incidents, mais a évoqué une opération coordonnée menée par "des professionnels" pour "déstabiliser" la Belgique.
"Ils sont en train d'essayer (de semer) la panique en Belgique", "c'est de la déstabilisation", a affirmé le ministre sur la radio publique francophone RTBF.
