Boris Dilliès, déjà critiqué en tant que ministre-président bruxellois, réplique : "Je plaide coupable"
L'ex-bourgmestre d'Uccle, Boris Dilliès, accède au poste de ministre-président. Il s'engage à faire progresser la Région, tout en revendiquant la diversité politique et en assumant un néerlandais encore perfectible.

- Publié le 16-02-2026 à 09h48
- Mis à jour le 16-02-2026 à 10h01
Bruxelles a enfin son gouvernement ! Après plus de 600 jours d'intenses négociations, la Région a enfin conclu un accord. Un nom surgit là où personne ne l'attendait : celui de l'ancien bourgmestre d'Uccle, Boris Dilliès, propulsé à la tête de la Région comme ministre-président.
Le libéral a appris sa nomination seulement quelques heures avant d'aller prêter serment. Avait-il cette ambition politique dans un coin de la tête ? "Non je n'y pensais pas le matin en me rasant. Pour tout vous dire, j'étais totalement investi dans ma fonction de bourgmestre d'Uccle, qui est une mission passionnante. Je suis très attaché à ma commune mais aussi très attaché à Bruxelles, par définition (...) Je n'y pensais pas, j'y pensais pour beaucoup d'autres en réalité", déclare-t-il sur les ondes de La Première.
Le nouveau ministre-président confie même qu'il était davantage stressé lorsqu'il a été nommé bourgmestre d'Uccle, il y a huit ans. "C'est une fonction que j'ai souhaité, pour laquelle je me suis battu d'ailleurs. Mais j'avais huit ans de moins et donc peut-être que c'est cela aussi qui fait la différence par rapport au stress", poursuit-il. Boris Dilliès l'assure : s'il a été choisi à la tête de Bruxelles, c'est parce qu'il n'est pas figé. "Je ne connais pas que ma commune, Dieu merci !", argue-t-il. "J'ai été parlementaire bruxellois, j'ai présidé la commission infrastructure et donc par conséquent, je n'arrive pas tout nu non plus. Je sais que j'ai énormément à apprendre et que j'ai mes preuves à faire. On le doit aux Bruxellois, qui attendent des résultats".
Pas présent lors des négociations
Si l'homme de droite n'a pas pris part aux négociations, il ne considère pas cela comme un handicap, bien au contraire. "Je le vois plutôt comme une force en réalité. D'abord les choses ont été bien faites, notamment par Georges-Louis Bouchez (...) Je pense qu'il y a eu manifestement in fine une bonne collaboration, une envie justement de faire sortir Bruxelles de l'ornière. Il y a en effet beaucoup de choses à faire", argumente-t-il.
La diversité politique fait partie intégrante du fonctionnement institutionnel belge. Boris Dilliès l'assume pleinement avec sept partis autour de la table : "C'est compliqué. Ce n'est pas neuf, que dans un pays comme le nôtre, avec les institutions qui sont les nôtres, avec les communautés qui sont les nôtres, et bien on est habitué à travailler à certains niveaux de pouvoir avec plusieurs familles politiques qui doivent toutes être respectées".
"Good Move" : bonne ou mauvaise idée ?
Concernant le plan "Good Move", le nouveau ministre-président s'y était opposé. Elke Van den Brandt, ministre de la Mobilité, a été reconduite à son poste et le libéral ose espérer que "ça va bien se passer". "Je pense qu'il y a eu beaucoup de brutalité en matière de mobilité ces dernières années à Bruxelles. Je sais aussi que Bruxelles avait et a besoin d'évoluer en matière de mobilité. On ne peut pas faire de concertation uniquement avec les gens qui sont d'accord avec vous", poursuit-il, faisant un parallèle avec Uccle : "je l'ai vu dans ma commune, dans certains cas une série de plans qui arrivaient du jour au lendemain, imposés parfois de manière dogmatique (...) Je ne considère pas en effet, qu'il y ait une bonne politique de mobilité de droite ou de gauche, je pense pas qu'il faille mettre justement trop de politique dans la mobilité".
"Quand on ne pratique plus du tout une langue, elle a tendance à disparaître"
Samedi dernier, seulement quelques heures après sa nomination, une polémique a vu le jour après les réponses vagues et hésitantes de Boris Dilliès aux questions de journalistes néerlandophones. "Cela fait 20 ans que je n'ai plus pratiqué, je travaillais alors dans le secteur privé, dans une société néerlandophone. Quand je suis sorti de cette société, ce n'était pas extraordinaire, mais je savais quand même me débrouiller, ce n'était pas aussi mauvais que maintenant", assume l'ancien bourgmestre d'Uccle.
"Quand on ne pratique plus du tout une langue, elle a tendance à disparaître. Mais je dois aux Bruxellois d'avoir une bonne maîtrise. C'est essentiel, je plaide coupable", avoue l'intéressé.
Boris Dilliès dit avoir mis en place "une série de mécanismes" pour améliorer son niveau de néerlandais, sans préciser lesquels. "Cela va aller de manière croissante", a-t-il assuré. Il réclame de la compréhension pour son état d'impréparation. "Au moment où les journalistes m'interrogent, je n'avais pas vraiment eu le temps de faire de l'immersion".
