Élections 2024 : "Je n'ai pas très envie d'être là, pour être honnête"
Ce dimanche 9 juin sera décisif pour plusieurs partis francophones, à commencer DéFi. Reportage dans le bureau de vote d'Ottignies-Louvain-la-Neuve.
- Publié le 09-06-2024 à 18h26
- Mis à jour le 09-06-2024 à 18h27

"L'astuce c'est de ne pas arriver trop tôt, comme ça les équipes sont déjà complètes", plaisante Nicolas, qui n'avait pas envie d'être désigné comme assesseur pour profiter de la journée ensoleillée. Le jeune homme, tout juste 18 ans, vote pour la première fois ce dimanche et n'a "pas très envie d'être là pour être honnête". Le voici pourtant dans la file, attendant patiemment de pouvoir déposer son bulletin dans l'urne.
Il est déjà 11 heures et l'École de la Croix d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, transformée en bureau de vote pour l'occasion, ne désemplit pas. "Je suis d'accord qu'il est important de voter mais j'avoue ne me reconnaître dans aucun des partis politiques" poursuit-il en pointant du doigt son fascicule reprenant les têtes de listes fédérales des partis francophones. Vote blanc alors ? "Non, mes parents comptent voter Les Engagés donc je vais les suivre sur ce coup, les votes blancs n'ont absolument aucune utilité en Belgique". Son choix se portera donc sur Yves Coppieters, ancien épidémiologiste et professeur de santé publique à l'ULB, tête de liste fédérale du parti dans le Brabant wallon. Quant au candidat européen, Yvan Verougstraete, "je ne le connais pas mais on m'a expliqué qu'il s'agissait d'un ancien entrepreneur, c'est un profil intéressant pour l'Europe".
Les Engagés ont le vent en poupe
Nicolas n'est pas le seul à donner sa voix aux Engagés. Plus loin, Yvette, 63 ans, compte également miser sur le groupe francophone car "je n'ai pas voté pour eux lors des dernières élections et j'ai envie de leur donner une nouvelle chance". Il faut dire que le parti revient de loin. En 2019, l'ancien CDH perd un quart de ses électeurs et n'atteint que 10,7 % d'intentions de votes lors du sondage Ipsos de la même année. Ces résultats poussent le mouvement à se lancer dans une refonte intégrale : nouveau nom, nouvelle couleur et nouveau projet. Le pari semble avoir porté ses fruits : selon les derniers sondages, Les Engagés recueillent des intentions de vote en progression en Wallonie, arrivant troisièmes derrière le MR et le PS. Si ces résultats devaient se confirmer, le parti pourrait retrouver un rôle important dans le paysage politique wallon.
Il peut également compter sur les querelles intestines d'autres partis pour renflouer ses comptes d'électeurs. Alors que l'ancien CDH décolle dans les sondages, son cousin DéFi, également de centre droit, dégringole. La faute, notamment, aux tensions entre François De Smet, actuel président, et son prédécesseur Olivier Maingain, qui l'avait pourtant propulsé à la tête du parti. Une discorde interne rendue publique qui pourrait bien coûter cher aux amarantes, dont l'implantation wallonne ne prend toujours pas, selon les derniers sondages. Mais "peu importe, c'est l'un des seuls partis qui défend vraiment nos intérêts" tempère Didier, entrepreneur depuis une dizaine d'années, "et pas question que j'aille au MR". Cette journée d'élections est donc l'heure de vérité pour l'ancien FDF, qui verra sa survie politique se jouer à pile ou face.
Le parti de François De Smet n'est pas le seul pour qui les résultats de vote seront décisifs. En effet, Écolo n'est pas non plus à la fête et il se pourrait bien que ce dimanche soit synonyme de déroute pour les écologistes. La faute, selon certains experts, à l'importance croissante de la thématique environnementale dans les programmes politiques des autres partis. Les Verts n'en ont donc plus le monopole et pourraient bien voir leur sujet de prédilection se retourner contre eux. Pour autant, "il s'agit juste de greenwashing chez les autres, Écolo est le seul à avoir toujours tenu le cap", défend Marie, jeune étudiante à l'UCLouvain. "Mon vote, il sera vert", soutient-elle.
