"Si j'étais au pouvoir, ma première mesure serait de faire des investissements publics un moteur de l'innovation et de la réindustrialisation"
Jusqu'aux élections du 9 juin, 50 personnalités issues de la société civile présentent, dans La Libre, LA mesure qu'elles prendraient si elles étaient au pouvoir. Ce jeudi, place à Benoît Gilson, le patron d'Infrabel.

- Publié le 30-05-2024 à 06h50

Benoît Gilson est administrateur-délégué d'infrabel, le gestionnaire de l'infrastructure ferroviaire belge. "Si j'étais au pouvoir, ma première mesure serait de faire des investissements publics un moteur de l'innovation et de la réindustrialisation", explique le dirigeant. La Belgique a une vraie politique d'investissement public, avec notamment un objectif d'arriver à 4 % du PIB en 2030, et le prochain gouvernement doit continuer dans cette voie. Mais il faut aussi s'assurer que la majorité de cet argent stimule véritablement l'économie. Notre pays a une bonne culture d'innovation, reconnue internationalement. Mais face à tous les défis que connaît la Belgique, il faut encore aller plus loin".
Selon Benoît Gilson, il est ainsi "impératif" de réorienter ces investissements dans "les secteurs les plus porteurs de notre industrie". "In fine, cet argent investi doit retourner dans une entreprise belge qui va pouvoir se développer. Pour ce faire, il faut défiscaliser partiellement ou entièrement les coûts et les investissements liés à l'innovation, mais en conditionnant cette défiscalisation à des activités économiques sur notre territoire. La Belgique ne doit pas être uniquement un pays qui recherche, mais aussi un pays qui produit le fruit de sa recherche". Le dirigeant imagine aussi la création de "start-up d'État", comme cela se fait en France. "Cela permet de répondre de manière rapide et innovante à des problématiques spécifiques du secteur public. Il faut que ce dernier ait cette agilité qu'ont les start-up privées".
Enfin, un Benoit Gilson "Premier ministre" favoriserait les partenariats d'innovation entre le secteur public et le privé. En alliant le meilleur des deux mondes, à savoir "la vision et la solidité du secteur public et la flexibilité et l'agilité du secteur privé" ." On a montré que ce type de partenariat était très porteur, notamment avec la création de nos traverses vertes ou le système de protection du personnel sur les voies, en collaboration avec le privé. Nos fournisseurs vont désormais le vendre à l'étranger alors que c'est produit en Belgique. Je suis convaincu que l'innovation va réindustrialiser la Belgique. Un autre exemple ? Nous venons de signer un contrat avec Alstom qui produit des composants électroniques produits entièrement en Belgique et plus en Chine ou en Hongrie, comme c'était le cas auparavant. C'est un signal fort que cette stratégie de réindustrialisation, basée sur l'innovation, peut fonctionner".