La nouvelle ligne de trains de nuit Nightjet débarque à Bruxelles
Le premier train de nuit de la nouvelle ligne Nightjet a débarqué mardi à Bruxelles-Midi. La connexion reliera Bruxelles à Berlin trois fois par semaine. Elle s'ajoute à deux autres lignes de train de nuit déjà actives depuis Bruxelles.
- Publié le 12-12-2023 à 18h32
- Mis à jour le 12-12-2023 à 18h33

Le premier Nightjet en provenance de Berlin est arrivé en gare de Bruxelles-Midi ce mardi un peu avant 11 heures. Cette nouvelle ligne de trains de nuit est le fruit d'une collaboration entre les opérateurs ferroviaires SNCB, SNCF (pour la France), ÖBB (pour l'Autriche) et DB (pour l'Allemagne). Elle relie la ville de Berlin à Bruxelles, en passant notamment par Francfort, Cologne, Aix-la-Chapelle et Liège.
Cette ligne Nightjet s'ajoute à l'autre ligne de la même compagnie déjà existante entre Bruxelles et Vienne, qui passe notamment par Munich et Linz. Les départs de Bruxelles vers Berlin et Vienne sont prévus trois fois par semaine : les mardis, jeudis et samedis en soirée, avec arrivée le lendemain matin. Les retours vers la Belgique s'organisent les lundis, mercredis et vendredis. Le trajet est prévu en 13 heures et 40 minutes, s'il n'y a aucun retard.

Entre Bruxelles et Berlin, le nouveau Nightjet vient concurrencer l'European Sleeper, cet autre train de nuit qui relie les deux villes mais en passant par le nord de la Belgique et les Pays-Bas. En reliant Bruxelles à Anvers, Rotterdam, Amsterdam, ou encore Deventer avant de rallier Berlin, son offre reste différente. L'European Sleeper prévoit par ailleurs de prolonger son trajet jusqu'à Dresde et Prague dès le 25 mars 2024.
Beaucoup de connexions indirectes
Si le nombre de lignes de trains de nuit au départ de Bruxelles semble limité, il faut à cela rajouter toutes les autres connexions indirectes. À partir de Paris, de nombreux trains Intercités de nuit rallient le sud de la France. L'Italie est accessible à partir de Paris ou Lyon via Trenitalia ou à partir de l'Autriche via ÖBB. L'Allemagne et l'Autriche sont aussi bien desservies, grâce aux nombreuses autres lignes Nightjet. En Europe de l'Est, l'EuroNight dessert Zagreb, Bucarest et Budapest au départ de Munich, Zurich ou Vienne. Enfin, la Scandinavie possède aussi son propre réseau de trains de nuit.

Tombé en désuétude puis progressivement arrêté dans les années 2000 à 2010, le train de nuit connaît aujourd'hui un nouvel essor. Les préoccupations climatiques croissantes et le développement du slow travel ont remis ce moyen de transport longue distance au centre du jeu. L'European Environment Agency estime en effet que le voyage en train produit en moyenne 80 % de pollution carbone en moins par personne et par kilomètre que l'avion.
Le train reste plus cher
Le principal défi pour le développement du train de nuit est financier. "Les compagnies ferroviaires ont besoin d'argent pour acheter du bon matériel et pour créer ou rénover suffisamment de voies pour que ces trains puissent circuler efficacement. Et pour ça, il faut des subsides", explique Sophie Dutordoir, administratrice déléguée de la SNCB, qui a participé à ce voyage inaugural. Même écho du côté du ministre de la Mobilité Georges Gilkinet (Ecolo), également présent pour l'arrivée du Nightjet : "On plaide au niveau européen pour mieux subventionner les activités ferroviaires et pour sortir de ce système où il n'y a en revanche pas d'accises sur le kérosène des avions."
Voyager en train plutôt qu'en avion reste en effet généralement plus cher. Un rapport de Greenpeace met en évidence que le prix d'un billet pour voyager en train entre Bruxelles et 20 destinations analysées est en moyenne trois fois plus élevé que le prix d'un billet d'avion qui fait le même trajet.
Malgré cette différence, le succès est bien au rendez-vous pour le train de nuit. "La nouvelle liaison de Nightjet est déjà bien réservée au cours de la période de vacances, note la DB. Dès que nous lançons une nouvelle ligne nocturne, il y a vraiment un boom dans les réservations."