L'ambition du nouveau plan "Good Move" : "Si je dois supprimer des parkings pour rendre un espace plus sécurisant, je le ferai"
La ministre bruxelloise de la Mobilité, Elke Van den Brandt, a donné plus de détails sur l'avancement du plan de mobilité bruxellois qui succédera au plan Good Move.

- Publié le 15-04-2026 à 13h22
- Mis à jour le 15-04-2026 à 13h30

Qu'en est-il du plan de mobilité bruxellois Good Move élaboré sous la précédente législature et très critiqué ? C'est la question qui a animé les débats du Parlement bruxellois ce mardi. La ministre compétente en la matière, Elke Van den Brandt (Groen), a fait face à une vague de questions de la part des députés de la Commission mobilité.
"Dans l'accord de gouvernement, nous lisons que le plan régional de mobilité actuel sera évalué et qu'un nouveau plan de mobilité, successeur de Good Move, sera élaboré. Mais à ce jour, rien n'est clair", a lancé le député Gilles Verstraeten (N-VA). Pour lui, la Déclaration de politique régionale du gouvernement bruxellois (DPR) de vingt-quatre pages "est un chiffon de papier" qui n'offre que peu d'éclaircissements en la matière.
Évaluer les échecs
Face à cette réaction, Elke Van den Brandt admet volontiers les erreurs de parcours du plan Good Move initial. Dans le quartier de Cureghem, notamment, plus de 7 000 citoyens signataires d'une pétition ont dénoncé la suppression annoncée de centaines de places de stationnement. C'est jugé problématique dans un quartier populaire où "la voiture n'est pas un luxe, mais un outil de survie", estimait Fouad El Abbouti, un porte-parole des collectifs engagés dans ce mouvement de contestation. "Ce manque de soutien populaire nous a forcés à reculer. La leçon ? Nous devons travailler à plus petite échelle", estime la ministre.
Il est nécessaire de réduire la portée de nos actions pour rendre les situations au cas par cas plus gérables.
L'idée est donc de diviser davantage les zones des différentes communes bruxelloises pour forcer la collaboration avec l'échelon communal et permettre des actions plus adaptées. "Une des leçons que nous tirons du passé est qu'il est nécessaire de réduire la portée de nos actions pour rendre les situations au cas par cas plus gérables. Nous travaillons donc, par exemple, autour des écoles. J'y constate un consensus autour de la nécessité d'une mobilité sécuritaire", décrit Elke Van den Brandt. Elle tient toutefois à nuancer: il n'est pas question de perdre de vue un plan plus global. "C'est un peu comparable à ce qui se passe à Paris, où vous avez un projet global, qui est déployé en plusieurs phases à plus petite échelle."
Seconde grande leçon – ou erreur – résultant du plan initial de mobilité : le manque de concertation. "Nous devons faire mieux sur ce point. Une bonne communication avec la population est incroyablement importante, mais aussi incroyablement difficile, surtout dans un contexte bruxellois", estime la ministre, qui veut que le futur plan de mobilité puisse davantage être sujet à un soutien populaire.
Des échéances plus claires
Le successeur du plan Good Move devra donc réparer les erreurs passées et entrer en vigueur dès 2030. D'ici là, le gouvernement poursuit son évaluation. "On l'a commencée à la fin de la législature précédente, mais les affaires courantes ont retardé le processus. Avant l'été 2026, je devrai présenter les conclusions de l'évaluation du plan précédent au gouvernement, prévoit-elle. Elles seront consolidées par différents feed-back avant d'être présentées à nouveau devant le gouvernement, en version finale, d'ici la fin de l'année. Nous pourrons dans le même temps adopter certaines mesures correctives qui seront exécutées déjà avant 2030".
En guise de conclusion, et face à une opposition critique, Elke Van den Brandt a tenu à insister sur la "Vision Zéro" portée par la Région, qui devrait être la ligne de mire du successeur au Good Move. Elle conclut donc, en s'adressant au PTB : "Vous aimez faire des caricatures, dire que tout est fait pour rendre la vie des gens encore plus compliquée. Mais si je dois supprimer des places de parking pour rendre un espace plus sécurisant, je le ferai. Notre projet a des ambitions pour la sécurité routière, pour la qualité de vie. Je veux faire en sorte que vivre à Bruxelles soit quelque chose d'agréable, de sûr et de sain".
