Le bal MR, théâtre d'un clash: la course à la présidence du parti est sans pitié
Denis Ducarme et Georges-Louis Bouchez se livrent un duel très rude pour succéder à Charles Michel à la présidence du MR.

- Publié le 10-10-2019 à 07h55
- Mis à jour le 10-10-2019 à 08h56

Denis Ducarme et Georges-Louis Bouchez se livrent un duel très rude pour succéder à Charles Michel à la présidence du MR. La succession de Charles Michel à la présidence du parti ravive les souvenirs de guerre intestine au sein du MR. Les acteurs ont changé. Le conflit Reynders/Michel ne dicte plus les équilibres. D'autres personnalités cristallisent désormais les rapports. Dont Georges-Louis Bouchez et Denis Ducarme, les deux favoris. Ils entretiennent, c'est un secret de polichinelle, des relations (très) compliquées. Christine Defraigne, qui a déclaré être également candidate, et Philippe Goffin, pourraient jouer les arbitres, en poussant l'élection au second tour.
Un évènement récent symbolise cette tension. Vendredi dernier, à Nivelles, le bourgmestre Pierre Huart organise le bal bleu, où se réunit tout ce que la région compte de libéraux. Valérie De Bue, Nivelloise et ministre wallonne, ouvre les festivités par un discours.
Ce genre de manifestation est prisé des candidats à quelques semaines du scrutin. Denis Ducarme y assiste, tout comme, plus tard dans la soirée, Georges-Louis Bouchez.
À son arrivée, Valérie De Bue se lève pour accueillir son collègue ministre et lui faire la bise. Denis Ducarme lui tend froidement la main. Lui qui d'ordinaire ne rechigne pas à donner l'accolade ou à faire la bise. Elle s'en étonne. Elle le lui dit. Malaise. "Denis Ducarme a eu une attitude désobligeante vis-à-vis de la ministre, il l'a snobée. Cela a étonné les militants présents", nous glisse une source libérale.
Les deux ministres ont une longue et vive explication. Il lui rappelle qu'il n'est pas le candidat des barons du parti, mais des militants. Il est question de Georges-Louis Bouchez, "le candidat coopté". Elle lui rappelle qu'elle est sur ses terres, là où elle a réalisé plus de 22 000 voix. Il finit par s'en aller. Le lendemain, Valérie De Bue rapporte l'incident à ses collègues lors du gouvernement wallon
Contactée, Valérie De Bue ne veut pas commenter, assurant ne prendre position "pour aucun candidat". Et Denis Ducarme "refuse de faire un débat sur à qui il serre la main et à qui il fait la bise".
Mais personne au MR n'est dupe. La mésentente Ducarme/Bouchez, accentuée par la non-élection du Montois à la Chambre en mai, remonte à plusieurs années.
Ces dernières semaines, leur relation s'est apparentée à une course à l'échalote pour l'attention des militants. "De l'extérieur, ça ressemble presque à un sketch", constate ce libéral. Les deux candidats écument les soirées et soupers pour serrer des mains, débattre, convaincre.
Dernier exemple en date. Mardi soir, Denis Ducarme se rend à un after-work à Les Bons Villers, organisé par les libéraux locaux. Il y est attendu comme (seul) invité de marque. Georges-Louis Bouchez l'apprend. Illico, il prend la route et débarque à l'improviste. Les deux candidats se disputeront le crachoir, les applaudissements et les faveurs des militants.
C'est dans cette brèche que tente de s'infiltrer Philippe Goffin, qui tente d'incarner l'alternative, le libéralisme de "respect". Ou Christine Defraigne, dont la candidature sera déposée ce vendredi : elle sera la tenante d'une ligne plus centriste.
Georges-Louis Bouchez, par un étrange retournement, est passé en quelques semaines de "trublion" à favori de l'appareil et de la chaîne de commandement du parti. Denis Ducarme, fils de la figure historique du parti, jouera lui la carte anti-establishement. Sa popularité auprès de la base est cependant réelle. "Je ne vais pas m'amuser à aligner l'ensemble de mes soutiens. Les militants se sentent parfois abandonnés au MR", nous indique-t-il. "Ils doivent être associés aux décisions et ce n'est pas le cas. Je veux créer un conseil MR des mandataires locaux. Les militants doivent pouvoir se positionner sans pression aucune. Le MR, n'est pas l'URSS. Ce n'est pas le Politburo qui désigne le président."