Nicole de Moor : "Certains pensent que, sans la nationalité belge, on peut être renvoyé à Gaza. Ce n'est pas du tout le cas"
Ce lundi, Nicole de Moor, Secrétaire d'État à l'Asile et la Migration (CD&V), était l'invitée de Maxime Binet dans l'émission "Café sans filtre" sur LN24 et LN Radio.
- Publié le 11-12-2023 à 08h20
- Mis à jour le 11-12-2023 à 08h48
Ce lundi, Nicole de Moor était présente aux côtés de Maxime Binet sur le plateau de LN24. À l'ordre du jour : le retrait de nationalité belge aux enfants palestiniens et le pacte migratoire européen.
Revenant tout d'abord sur le retrait de la nationalité belge aux enfants palestiniens, Nicole de Moor tient à clarifier la situation. "J'ai surtout entendu beaucoup de caricatures là-dessus ces derniers jours", commence la Secrétaire d'État. "Notre pays est solidaire avec les réfugiés palestiniens. Nous accueillons même le plus grand nombre de réfugiés palestiniens de toute l'Union européenne", explique-t-elle.
Cependant, Nicole de Moor insiste sur la différence entre la protection des réfugiés, qui passe notamment par le droit de séjour, et l'obtention de la nationalité belge. "Pour obtenir la nationalité belge, il y a des règles", poursuit-elle. De ce fait, des enfants nés apatrides sur le sol belge reçoivent automatiquement la nationalité. Ce qui, selon Nicole de Moor, ne doit pas être le cas des enfants nés de parents palestiniens : "Les Palestiniens ne sont pas apatrides par définition. Cela a été affirmé par la mission palestinienne auprès de l'Union européenne". Pour la Secrétaire d'État, il ne s'agit pas de rendre un enfant apatride, mais de lui redonner sa nationalité d'origine.
"Certains pensent que, sans la nationalité belge, on peut être renvoyé à Gaza. Ce n'est pas du tout le cas", poursuit-elle. Pourtant, cette idée crée une inquiétude supplémentaire pour la population palestinienne.
Petra de Sutter (Groen) a demandé de retirer cette instruction. "Ce n'est pas à moi de faire arrêter cela", lui répond Nicole de Moor. "Pour être claire : il n'y a pas de nouvelle politique. Il n'y a pas de décision de ma part."
Concernant le pacte migratoire européen, Nicole de Moor espère que cela aboutira "le plus vite possible". "Il est grand temps de terminer le travail. Nous avons négocié intensivement ces derniers mois". Elle souhaite faire voter ce pacte au plus tard en avril. "Si l'Europe parvient à trouver un accord sur ce pacte migratoire, il s'agira vraiment d'une réforme historique de notre politique migratoire".
"Avec ce pacte, tout le monde sera obligé de faire sa part", continue-t-elle. En Belgique, cette année, plus de 30.000 demandeurs d'asile ont été accueillis. En Slovaquie, ce chiffre s'élève à 300. "On a besoin de cette solidarité obligatoire".

