Bart De Wever, candidat Premier ministre: "Ce que Paul Magnette promet dans les interviews s'apparente à de la folie criminelle"
Le président des nationalistes flamands Bart De Wever veut prendre la tête d'une sorte de cabinet d'affaires après les élections fédérales de juin, a-t-il annoncé samedi à l'occasion de la réception de son parti pour la nouvelle année.

- Publié le 14-01-2024 à 10h01
- Mis à jour le 14-01-2024 à 16h00

Tel que M. De Wever l'envisage, ce cabinet fonctionnerait avec une équipe limitée qui se concentrerait principalement sur le budget et les réformes socio-économiques. Et pour y arriver, Bart De Wever a une solution toute trouvée. "La formation des coalitions au sein des Régions sera la clé. (…) Si nous pouvons résorber les 2% qui nous séparent du Vlaams Belang dans les sondages et que les membres de la Vivaldi se prennent une dégelée, je serai sur du velours. Alors les forces de centre-droit pourront se regrouper en Flandre. Magnette sait que ce moment où il perdra le nord arrivera. Au sens littéral comme au sens figuré", explique-t-il.
Dans un complexe Nekkerhal plein à craquer à Malines, avec plus de 5.000 participants, Bart De Wever n'a pas fait mystère de ses intentions: le président de la N-VA entend bien porter à nouveau son parti en tête des scrutins le 9 juin afin d'avoir la main lors des négociations post-électorales tant en Flandre qu'au fédéral.
"Nous allons tout faire pour enfin mener ce pays à un tournant. Et pour y arriver, la N-VA doit être la force motrice au nord. Si nous y parvenons, si nous recevons cette confiance, alors je veux prendre la main" et entrer au 16 rue de la Loi, a-t-il lancé.
Les sondages placent sa formation derrière le parti d'extrême-droite Vlaams Belang. La N-VA entend reconquérir la première place aux élections, tant en Flandre qu'au fédéral car, selon le nationaliste flamand, seule une N-VA forte pourra "enfin forcer le respect pour les Flamands à l'échelon fédéral". Une stratégie de reconquête nécessaire, si Bart De Wever veut se tenir à distance de l'extrême droite flamande. "Je ne suis pas un fan de l'extrême droite. Je ne l'ai jamais été et je ne le serai jamais. Et je n'en attends pas grand-chose de positif. L'insatisfaction qui règne en ce moment porte sur des thématiques fédérales. Or, il n'existe aucun scénario où le parti qui récolte les voix des gens en colère puisse se retrouver en position de gouverner au niveau fédéral", explique-t-il.
La Vivaldi a, selon lui, "touché le fond" et mène une politique "contraire aux intérêts" du nord du pays. Le message est donc clair dans les rangs de la N-VA: "plus jamais ça. Plus jamais de gouvernement sans majorité en Flandre, plus jamais de Premier ministre qui sacrifie la prospérité de la Flandre pour sa propre carrière".
Mais Bart De Wever n'est pas dupe et sait que le risque d'un retour de la vivaldi est bien présent. "Je sais surtout ce qui risque d'arriver lorsque l'électeur se met en colère et vote pour les extrêmes: cela nous mènera tout droit à une réédition du gouvernement Vivaldi. Tous ensemble contre l'extrême droite. Les excuses sont faites pour s'en servir", déclare le président de la N-VA.
Bart De Wever a également égratigné les socialistes francophones. "Aussi longtemps qu'il subsistera un euro sur le livret d'épargne des Flamands, le PS s'accrochera au statu quo", a-t-il déclaré. "C'est le paradoxe auquel même le pire des extrémistes ne peut échapper. Si vous voulez vous débarrasser de la Belgique, il faudra négocier une séparation avec quelqu'un. En Wallonie, ce sera toujours avec la gauche", poursuit-il.
Il poursuit en attaquant directement le président des socialistes francophones, Paul Magnette. "En fait, je préfère ne rien avoir à faire avec Paul Magnette. Ce qu'il promet dans les interviews s'apparente à de la folie criminelle. Ecrivez-le: de la folie criminelle", dit-il. "L'électeur a le sentiment que le discours de Paul Magnette constitue une attaque directe sur son portefeuille. Allons-nous laisser faire cela? Tel est le principal enjeu des élection", ajoute le nationaliste.

