De Wever se prend la porte, Vandenbroucke inquiète
Chaque vendredi, La Libre vous propose un résumé de l'actualité pré-électorale en Belgique en revenant sur les trois faits marquants de ces sept derniers jours.

- Publié le 26-01-2024 à 14h15
- Mis à jour le 02-02-2024 à 21h40

J-135. A moins de cinq mois des élections fédérales, régionales et européennes, la sphère politique belge s'agite. Les annonces s'enchaînent. Les partis resserrent leurs rangs en vue du mégascrutin. Pour y voir plus clair, La Libre vous propose chaque vendredi de revenir sur les trois actualités qui ont marqué la semaine politique. Nouvelles recrues, tensions, programmes... découvrez tout ce que vous auriez pu rater ces derniers jours.
1. Les Engagés ne ferment plus la porte à la N-VA, mais recalent De Wever
Campagne électorale rime souvent avec exclusives. "Avec untel, jamais !" Même si ces positionnements ne sont pas inscrits dans la roche, ils viennent compliquer les discussions post-électorales en vue de former un gouvernement. Et la N-VA a l'habitude de faire partie de ces formations politiques qui sont mises sur le banc de touche par certains de leurs confrères. On se rappelle d'ailleurs de la lettre ouverte du MR et d'Ecolo en 2019 pour envoyer la N-VA dans l'opposition, qui a mis un terme aux discussions entre socialistes et nationalistes. Mais, cette fois, c'est un message différent qui a été envoyé à la formation de Bart De Wever. "Je n'aspire pas à vouloir travailler spontanément avec la N-VA, mais au vu des sondages qui annoncent une explosion des résultats du Vlaams Belang et potentiellement du PTB, la mathématique va probablement rendre indispensable d'oser se parler entre toutes les autres formations démocratiques", a expliqué le président des Engagés, Maxime Prévot.
Une position qu'a encore répétée Yvan Verougstraete, vice-président du parti, sur LN24: "La N-VA n'est pas notre partenaire privilégié mais un partenaire tout à fait possible pour changer ce pays."
Le ton est donc donné du côté des Engagés. On ne ferme pas la porte à la N-VA, mais plutôt par devoir que par envie. D'ailleurs, Maxime Prévot a été clair sur une première condition à une telle alliance: Bart De Wever au 16 rue de la Loi, c'est un grand Nee. Le bourgmestre d'Anvers avait fait savoir la semaine dernière qu'il était candidat au poste de Premier ministre. "C'est, pour moi, inimaginable !", a tancé le leader des Engagés. "La qualité première attendue d'un Premier ministre, c'est sa capacité de rassembler. Toute la carrière de M. De Wever démontre des qualités inverses."
2. Le dérapage contrôlé de Jean-Marc Nollet
"Face à l'urgence climatique, j'encourage les jeunes à continuer la désobéissance civile." Sortis de la bouche d'un président de parti membre de la majorité fédérale, ces mots ont de quoi interpeller. Jean-Marc Nollet s'en doutait au moment de prononcer la phrase au micro de la RTBF. Bingo ! Quelques heures plus tard, ses propos faisaient réagir la sphère politique.
Le président des Engagés, Maxime Prévot, a été un des premiers à fustiger le discours du leader écologiste sur X. "Et après on s'étonnera que le respect parte en sucette", a-t-il écrit sur le réseau social. "C'est immature comme propos et irresponsable comme vision ! Et si on oeuvrait à l'urgence climatique autrement ?" Le leader de DéFi, François De Smet, a également réagi qualifiant les propos de M. Nollet de "maladroits".
Mais le coprésident d'Ecolo était préparé à cette controverse. Plus encore, cela peut être vu comme un choix tactique de l'écologiste qui tente de redonner un peu de fraîcheur militante à sa formation. Ayant siégé dans tous les gouvernements, les Verts préfèrent miser sur cette approche que de défendre leur bilan. D'autant plus que la désobéissance civile a depuis longtemps été acceptée par le parti.
3. Vooruit sort la tête de l'eau, mais risque de replonger
La nouvelle présidente de Vooruit, Melissa Depraetere, a semblé faire l'unanimité lors des vœux du parti. De quoi redonner le sourire aux militants socialistes qui avaient vu leur formation perdre des plumes dans les sondages après la démission de Conner Rousseau. Celui qui avait réussi à placer son parti à la troisième place du podium en Flandre avait dû quitter son poste suite à la divulgation de propos racistes qu'il avait tenus lors d'une soirée (trop) arrosée.
Quelques mois seulement après l'incident, Melissa Depraetere a su imposer son style. Même si l'on évoque encore un possible retour de Conner Rousseau, il est de plus en plus clair que la formation a réussi à avancer sans lui et se porte plutôt bien.
La situation pourrait toutefois se compliquer pour Vooruit. L'une des figures emblématiques du parti, Frank Vandenbroucke, se trouve au cœur de l'affaire Medista, dans laquelle le SPF Santé publique est accusé d'avoir truqué un appel d'offres concernant la distribution de vaccins contre le Covid et d'avoir favorisé l'entreprise française Movianto. Suite à la diffusion de nouveaux enregistrements embarrassants pour le ministre de la Santé, la N-VA a demandé la démission de M. Vandenbroucke. "C'est un mensonge flagrant", a dénoncé Kathleen Depoorter ce jeudi à la Chambre, interpellant Alexander De Croo. "Votre vice-Premier a menti intentionnellement au Parlement et aux citoyens. C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase." De quoi inquiéter les socialistes flamands...