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"Je ne suis pas convaincue que Bart De Wever a renoncé à une réforme institutionnelle"

Caroline Sägesser, politologue au Crisp (Centre de recherche et d'information socio-politiques), explique pourquoi la formation du prochain gouvernement fédéral s'annonce ardue. Elle doute que la N-VA puisse accepter un accord politique sans avancées institutionnelles importantes.

Caroline Sagesser Chercheur CRISP recherche
Caroline Sagesser Chercheur CRISP recherche ©JEAN LUC FLEMAL

Ce lundi, après une semaine de vacances, les partenaires de la future majorité fédérale reprennent leur négociation en vue de former un gouvernement. Ils ont fixé au 20 septembre la date pour boucler un accord. Mais le parcours s'annonce ardu.

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"Moi, la première chose qui m'a surprise au lendemain des élections, c'est une forme d'enthousiasme général ou, en tout cas, d'optimisme sur la rapidité avec laquelle on allait pouvoir former les différents gouvernements. Même pour Bruxelles où la situation est objectivement très compliquée."

Caroline Sägesser, êtes-vous surprise par le rythme des négociations dans les différents niveaux de pouvoir ?

Tout dépend par ce que vous entendez par "surpris par le rythme." Moi, la première chose qui m'a surprise au lendemain des élections, c'est une forme d'enthousiasme général ou, en tout cas, d'optimisme sur la rapidité avec laquelle on allait pouvoir former les différents gouvernements. Même pour Bruxelles où la situation est objectivement très compliquée. Il était assez sidérant d'entendre Paul Magnette évoquer l'opposition à tous les niveaux pour le PS alors que, vraiment, je ne vois pas très bien comment une majorité est possible sans lui à Bruxelles. Le mariage entre Les Engagés et le MR a été conclu très rapidement aussi, alors qu'avant le scrutin, les responsables des Engagés ne se prononçaient pas franchement pour cette alliance. On percevait même des difficultés liées à des personnes. Finalement, l'ampleur du succès pour les deux partis en Wallonie a fait que leur alliance s'est imposée comme une évidence. Et à partir de là, on s'est dit que cela irait vite. En Région wallonne et à la Communauté française, cela s'est vérifié. Beaucoup se sont dit que, puisque la Flandre et la Wallonie votent dorénavant de la même façon – ce qui n'est en fait pas vrai –, les choses iraient également vite au fédéral. Mais le constat est, au départ, un peu erroné parce que l'on vote encore beaucoup à gauche en Wallonie. On le voit en additionnant les scores du PS, du PTB et d'Ecolo. Il n'est pas sûr non plus que tous les électeurs des Engagés soient des électeurs de droite.

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