Négociations fédérales : les salaires des fonctionnaires seront-ils indexés moins souvent ?
La coalition Arizona prévoit de réformer le mécanisme d'indexation automatique des salaires, selon la note de l'ex-formateur Bart De Wever. Il est prévu de rapprocher le système prévu dans le secteur public de celui du secteur privé.

- Publié le 26-08-2024 à 10h27

Il y a, d'un côté, les fuites dans la presse sur le contenu des négociations, signe d'un manque de confiance entre les partenaires appelés à former le futur gouvernement (N-VA, MR, Les Engagés, CD&V, Vooruit). De l'autre, une évidente retenue dans les déclarations des principaux acteurs, laissant penser que l'orage s'est calmé au-dessus de la coalition Arizona.
Samedi midi, le président de la N-VA, Bart De Wever, a qualifié l'échec de sa mission de formation du gouvernement de "plus grosse déception politique de [sa] vie". Il avait remis sa démission au Roi, jeudi, en raison des désaccords persistants entre le MR et Vooruit en matière de fiscalité. Mais M. De Wever a pris soin de n'accabler personne, samedi, pour donner encore une chance au processus de formation et estime même que le poste de Premier ministre lui revient toujours. "L'heure du sursaut a sonné", a déclaré pour sa part le président des Engagés, Maxime Prévot, chargé par le Roi d'une mission de médiation. Lors d'un rassemblement de son parti à Durbuy, samedi, il a appelé "tous les partis […] à transcender leurs tabous".
Et de tabous, il en est question dans les négociations. Selon le contenu de la note de l'ex-formateur, que La Libre a pu consulter et qui reste la base des discussions, les membres de l'Arizona envisagent de réformer le mécanisme d'indexation automatique des salaires. Ils comptent maintenir le système, car il "offre une protection importante de la consommation privée", mais veulent demander aux partenaires sociaux d'élaborer "une proposition de réforme […] pour le 31/12/2026".
Autre idée de l'Arizona : indexer le salaire net plutôt que le brut lorsque l'inflation dépasse un certain niveau.
Dans l'intervalle, ils envisagent une série de mesures, dont la révision de l'indice santé (qui permet de déterminer quand une indexation a lieu) en y réduisant le poids du prix des combustibles fossiles tels que le gaz (ce qui retardera l'indexation). Il est aussi prévu de rapprocher le mécanisme d'indexation du secteur public de celui du secteur privé.
Indexation une ou deux fois par an
De manière générale, dans le privé, les travailleurs sont indexés une ou deux fois par an à date fixe. La hauteur de l'indexation dépend de l'inflation. Dans le public, par contre, l'indexation a lieu lorsqu'un certain niveau d'inflation est atteint, peu importe quand cela arrive. C'est ainsi que les fonctionnaires avaient été indexés à de multiples reprises au cours de l'année 2022, lorsqu'on avait atteint des niveaux records d'inflation (plus de 10 %).
"Désormais, nous prévoyons une indexation à date fixe [dans le secteur public], ce qui renforce la transparence budgétaire, y compris pour les administrations locales et les autorités régionales", indique la note de Bart De Wever. Ce mécanisme est moins avantageux pour les fonctionnaires puisqu'ils devront attendre plus longtemps pour bénéficier des effets de l'indexation de leur salaire. À l'inverse, cela générera une économie pour les administrations publiques qui les paient.
Autre idée de l'Arizona : indexer le salaire net plutôt que le brut lorsque l'inflation dépasse un certain niveau – la note cite le chiffre de 4 % sur base annuelle, ce qui n'est arrivé qu'une fois ces dix dernières années. "Nous protégeons ainsi le pouvoir d'achat […], sans trop augmenter le coût salarial global pour nos entreprises."