Formation fédérale : l'ultime prolongation de Bart De Wever ?
Le Roi devrait confirmer ce mardi le formateur dans ses fonctions. Avec l'objectif d'atterrir pour la fin du mois. Le volet fiscalité sera aussi au menu des négociateurs.

- Publié le 06-01-2025 à 19h21

Les ultimatums n'engagent que ceux qui y croient. Bart De Wever (N-VA), formateur du gouvernement fédéral, comptait initialement boucler les négociations pour la constitution d'une coalition Arizona (N-VA, MR, Engagés, CD&V, Vooruit) pour le mois de septembre 2024. L'objectif était de rendre à temps la trajectoire budgétaire de la Belgique à la Commission européenne. Cela n'a pas été possible, faute d'accord.
Le temps de laisser passer les élections communales d'octobre et le formateur espérait atterrir à la mi-novembre pour permettre au nouveau gouvernement puis au Parlement d'adopter un budget 2025 avant la fin de l'année. Cela n'a pas été possible non plus.
C'était ensuite un gouvernement sous le sapin, puis pour la fin de l'année qui fut espéré. Toujours sans y parvenir. D'un commun accord avec ses partenaires de négociation, M. De Wever parle à présent de la fin janvier au plus tard dans ce qui ressemble à un ultimatum.
Ce moment ne correspond à rien de particulier, si ce n'est que, à un moment, il faudra arrêter "l'acharnement thérapeutique", pour reprendre l'expression de Georges-Louis Bouchez (président du MR), lundi matin sur La Première, alors que, ce jeudi, cela fera pile sept mois que les Belges ont voté et presque autant que les négociations sont en cours. "Si, fin janvier, on n'y arrive pas, pourquoi y arriverait-on un peu plus tard", se demande une source proche des négociateurs. "Si on n'a pas d'accord fin janvier, il faudra passer à autre chose", tranche une autre.
Premier ministre ou démission
Le Roi devrait donc une nouvelle fois prolonger Bart De Wever dans sa mission de formateur, à l'issue de leur entretien prévu ce mardi à 16h. Compte tenu des intentions affichées, ce devrait être la dernière prolongation. Le rendez-vous suivant du président de la N-VA au Palais devrait dès lors être pour prêter serment en tant que Premier ministre d'un nouvel exécutif ou pour remettre sa démission et abandonner la piste de la coalition Arizona. Cela dit, en politique belge, on ne peut jamais rien exclure…
Les négociateurs ont poursuivi, lundi, l'analyse longue et fastidieuse des amendements déposés par les cinq partenaires de l'Arizona à la note socio-économique du formateur. Ils devaient terminer le volet "marché du travail" déjà entamé les jours précédents, avant d'attaquer la fiscalité, qui est également au menu des discussions de ce mardi. Le volet "pension" sera pour plus tard.
Le formateur estime à "50-50" les chances de réussite. Ce n'est pas si mal lorsque l'on connaît son caractère pessimiste.
Lors de la précédente prolongation de Bart De Wever, le Roi avait dit espérer "une percée décisive" pour ce début d'année dans les négociations. Difficile de dire ce que cette notion recouvre. Mais "des acquis ont été engrangés sur le marché du travail" ces derniers jours, selon une source. "C'est positif, l'ambiance est constructive."
Un travail considérable avait aussi été abattu précédemment en matière de migration, de santé, de Défense, d'énergie, de sécurité, etc., même si les derniers arbitrages, notamment budgétaires, doivent encore être opérés.
Le formateur estime à "50-50" les chances qu'un gouvernement voie le jour d'ici à la fin janvier. Ce n'est déjà pas si mal lorsque l'on connaît le caractère pessimiste de Bart De Wever.
La fiscalité, principal obstacle
Mais le nœud gordien de ces négociations reste la fiscalité. Elle oppose en particulier le MR à Vooruit. Les libéraux ne veulent pas entendre parler de nouveaux impôts tandis que les socialistes réclament que les "épaules les plus larges", selon l'expression consacrée, contribuent davantage à l'assainissement des finances publiques.
"La marge de manœuvre est faible, dit encore un proche des négociateurs. Dans le contexte budgétaire qui est le nôtre (l'Arizona planche sur un effort d'environ 23 milliards d'euros sur la législature, NdlR), chaque acquis obtenu par l'un empiète sur un acquis de l'autre." Dans trois ou quatre semaines, on devrait enfin savoir si chaque parti a obtenu les garanties nécessaires pour entrer dans un gouvernement.