Les casernes militaires sont dans un état déplorable : 60 % d'entre elles nécessitent des rénovations
Certains bâtiments ne sont même plus utilisables, selon la ministre de la Défense. À peine trois sites sur 37 sont jugés dans un bon état général.

- Publié le 24-01-2025 à 18h33

Poussez les portes d'une caserne militaire en Belgique, à peu près n'importe laquelle, et vous y verrez des bâtiments vieillots, mal isolés, mal éclairés, composés de couloirs défraîchis, avec des murs intérieurs parfois faits de cloisons dont la robustesse n'inspire guère confiance… Il n'est pas rare non plus d'y trouver des infrastructures vides, inutilisables. La ministre démissionnaire de la Défense, Ludivine Dedonder (PS), vient de confirmer que le parc immobilier de la Défense est dans un triste état.
Sur les 37 sites militaires occupés par la Défense, à peine 3 sont jugés en "bon état général", ressort-il d'une réponse parlementaire écrite de la ministre. Il s'agit de l'École royale militaire (ERM) à Bruxelles, du quartier Commandant de Hemptinne à Herverlee et du campus Saffraanberg (l'école des sous-officiers).
Douze quartiers sont dans un état général "acceptable". Parmi ceux-ci : la base aérienne de Florennes, le camp roi Albert de Marche-en-Famenne, le camp adjudant Brasseur d'Amay ou encore les casernes Ruquoy et Saint-Jean à Tournai.
Enfin, des "investissements [sont] nécessaires" pour les 22 sites restants – soit 60 % du total – jugés trop "vieux" et requérant des rénovations. On y retrouve le quartier reine Elisabeth à Evere, qui n'est autre que le quartier général de la Défense, le quartier Housiau à Peutie, la base aérienne de Beauvechain, le port militaire de Zeebruges, le camp de Lombardsijde, ou encore la base aérienne de Coxyde, qui devrait d'ailleurs bientôt fermer définitivement ses portes.
Des chantiers un peu partout
"Avec la croissance de la Défense, le parc immobilier évoluera de manière significative dans les années à venir et devra être agrandi ou adapté aux nouveaux besoins", explique la ministre Dedonder dans sa réponse parlementaire.
À titre d'exemples, une infrastructure flambant neuve à vu le jour à Melsbroek pour accueillir les nouveaux gros-porteurs A400M de la Force aérienne. D'importants travaux sont en cours sur la base de Florennes où seront stationnés les premiers avions de combat F-35 qui arriveront en Belgique, ainsi que les drones MQ-9B Sky Guardian. Un chantier est en cours dans le quartier Thibaut de Flawinne et une seconde école de sous-officiers va voir le jour à Tournai. La construction de deux "quartiers du futur", l'un à Charleroi, l'autre à Grammont, est également dans les cartons de la Défense, tout comme la construction d'un tout nouveau quartier général, à côté de l'actuel.
"Néanmoins, certains sites ont été abandonnés par la Défense dans le passé et leur aliénation a été depuis lors envisagée, indique encore Ludivine Dedonder. Comme ce processus d'aliénation dépend de nombreux facteurs externes, tous les sites n'ont pas encore été entièrement aliénés. Dans la mesure du possible, une utilisation par des tiers est déjà autorisée par le biais d'une concession domaniale au profit des futurs propriétaires potentiels. En outre, dans les quartiers actifs, termine la ministre, il arrive que certains bâtiments soient vides parce qu'ils ne sont plus utilisables en raison de leur mauvais état. La démolition de ces bâtiments est donc prévue."