Bouchez se défend d'avoir menacé physiquement un journaliste de la RTBF
Le président du MR a-t-il parlé de carte PMR ou de carte de presse ?

- Publié le 10-08-2025 à 18h18

Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, fait une nouvelle fois parler de lui. Il lui est cette fois reproché d'avoir proféré des menaces physiques à l'égard d'un journaliste de la RTBF. Un enregistrement audio d'une conversation entre le Montois et une journaliste de la RTBF radio circule sur les réseaux sociaux. Dans celle-ci, on entend Georges-Louis Bouchez dire à notre consœur, évoquant un journaliste qui a publié une info (contenant des erreurs, selon Bouchez) : "Tu m'envoies ce mec-là, je te jure qu'il va être super bien reçu. Et lui risque peut-être d'avoir besoin d'une carte après, ça, je peux te le dire".
Cet échange fait suite à un article de la RTBF publié sur le web et qui reprend une information de nos confrères du Vif concernant la voiture du chauffeur du président du MR. Selon l'hebdomadaire, le véhicule (une Mercedes CLA) utilisait une carte PMR (personnes à mobilité réduite), permettant de ne pas payer le stationnement, alors que cette carte ne pouvait plus être utilisée.
Considérant que l'article publié par la RTBF sur son site internet comprenait des erreurs, Georges-Louis Bouchez a appelé la rédaction en demandant (en criant parfois) de retirer l'article – en tout cas pour la durée nécessaire aux corrections qu'il exigeait.
Entre autre erreur, le président libéral précise que la RTBF assure que cette voiture est mise à sa disposition, alors que c'est celle de son chauffeur – Le Vif affirme pourtant qu'il arrive à Georges-Louis Bouchez et sa compagne de l'utiliser (exceptionnellement, précise le libéral). Bouchez s'emporte en parlant de cette "p... de CLA de m... Moi j'ai une GLE (NdlR : un SUV Mercedes) depuis une semaine. Ça vaut trois fois plus. Ça, tu peux l'écrire, comme ça les gens m'attaqueront sur un truc qui est vrai. J'ai une voiture à plus de 100 000 balles, ça c'est vrai".
La voie judiciaire
C'est après ça qu'il prononce la phrase évoquée en début d'article. Au vu des faits évoqués dans l'article, la phrase prononcée par le libéral laisse entendre que le journaliste aura, après avoir vu le président du MR, besoin d'une carte PMR. Mais Bouchez dément avoir parlé d'une carte PMR, ce qui sous-entendrait qu'il était prêt à agresser physiquement le journaliste. À nos confrères de l'Avenir qui l'ont interrogé vendredi sur ces propos, le Montois rétorque qu'il parlait "d'une carte de presse" et non d'une carte PMR, parce que le journaliste allait "en avoir besoin, car je n'ai aucune confiance dans le Conseil de déontologie journalistique (CDJ). Donc, si j'interviens, c'est par la voie judiciaire". Il n'explique cependant pas en quoi une carte de presse est nécessaire pour être poursuivi en justice.
Du côté de la RTBF, la direction refuse de commenter cette affaire. Mais du côté du président de la SDJ (société des journalistes) de la RTBF, Fabrice Gérard, qui a réagi aussi dans l'Avenir, on considère que "C'est à ma connaissance la première fois que des menaces quant à l'intégrité physique d'un journaliste sont proférées par un responsable politique de cette envergure. Si ces menaces sont avérées, elles sont d'autant plus graves qu'elles sont prononcées par quelqu'un dont la fonction est de garantir la démocratie et le droit à l'information. Utiliser de telles méthodes, c'est tout simplement inacceptable. Il n'y a aucun débat à avoir là-dessus pour peu qu'on respecte les principes élémentaires d'une démocratie. Il existe des organes compétents comme le CDJ (Conseil de déontologie journalistique) pour déposer des plaintes. Une menace physique est "un délit pénal susceptible de poursuites judiciaires".