Bureau du MR : le parti manifestera davantage son empathie à l'égard des Palestiniens
Réunis en bureau de parti, ce lundi, les ministres et les chefs de groupes parlementaires MR ont évoqué la situation tendue au Proche Orient et ses conséquences politiques en Belgique.

- Publié le 25-08-2025 à 14h35
- Mis à jour le 25-08-2025 à 16h06

Réunis en bureau de parti ce lundi matin, les principaux décideurs libéraux ont examiné une question sensible : la guerre entre le groupe terroriste Hamas et Israël.
Au sein du MR, plusieurs voix se sont exprimées ces dernières semaines en faveur de la cause palestinienne. En effet, le gouvernement Netanyahou semble prêt à durcir encore un peu plus sa riposte dans la bande de Gaza en réponse aux massacres du 7 octobre 2023 perpétrés en Israël par le Hamas. Cette riposte a causé des milliers de morts parmi les civils gazaouis.
Cette situation inextricable émeut de plus en plus en occident et s'est invitée à la table du gouvernement De Wever. Les Engagés, le CD & V et Vooruit, au sein de la majorité, voudraient notamment que la Belgique reconnaisse la Palestine en tant qu'État. Une position qui divise au sein de la N-VA et du MR.
Le MR attaché à la sécurité d'Israël
Le parti de Georges-Louis Bouchez, attaché à la sécurité d'Israël en tant que seule démocratie dans la région, estime que cette reconnaissance est prématurée. Plusieurs conditions indispensables ne sont pas encore réunies aux yeux des libéraux francophones : la libération de tous les otages israéliens encore détenus à Gaza, la garantie que le Hamas n'aura aucune responsabilité dans les futures institutions palestiniennes…
En juillet, Georges-Louis Bouchez s'était montré très critique à l'égard de l'initiative diplomatique d'Emmanuel Macron. Le président français avait annoncé que son pays reconnaîtrait officiellement l'État de Palestine lors de l'assemblée générale de l'Onu à New York en septembre.
Reste que cette position – qui a sa rationalité – pourrait nuire à l'image du MR, notamment auprès des communautés qui, en Belgique, sont sensibilisées au calvaire vécu par les habitants de Gaza. Les principaux leaders de la formation libérale ont donc convenu, ce lundi matin, de veiller à l'avenir à manifester davantage leur empathie à l'égard des Palestiniens.
"Une micro-ouverture"
Par ailleurs, au-delà de cette question de communication, les "barons" libéraux envisagent tout de même "une micro-ouverture", selon certaines sources présentes à la réunion, sur le fond du dossier. C'est-à-dire une légère adaptation de la ligne du parti. Elle reste toutefois à confirmer.
Un pas du MR pourrait se révéler politiquement nécessaire vu la mise en demeure adressée par le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot (Les Engagés). Dans le Standaard, ce lundi, ce dernier a lancé un avertissement très clair : "S'il n'y a pas de ton plus ferme au sein du gouvernement concernant les violations des droits humains commises par le gouvernement israélien, ou si aucune mesure n'est prise en faveur de la reconnaissance de la Palestine, une crise majeure se profile (au sein de la majorité)."
Celui qui est également vice-Premier ministre proposera une série de mesures allant dans ce sens lors du kern (l'organe informel qui réunit les principaux ministres fédéraux) de ce mercredi. Le MR pourra-t-il rejoindre Maxime Prévot sur certaines de ces mesures et déminer le dossier ? "On verra", répond laconiquement un libéral très haut placé…