Samuel Cogolati : "J'ouvre la porte à une participation d'Ecolo à une future majorité régionale à Bruxelles"
Le coprésident des verts francophones veut que son parti prenne ses responsabilités pour sortir de la crise politique dans la Région bruxelloise. Samuel Cogolati revient également sur les tensions qui minent son duo avec Marie Lecocq à la tête d'Ecolo.

- Publié le 15-11-2025 à 07h07
- Mis à jour le 15-11-2025 à 07h28

Le duo que vous constituez avec Marie Lecocq à la tête d'Ecolo est fortement fragilisé, La Libre l'avait révélé. Ces tensions ont notamment provoqué des départs parmi vos principaux conseillers. Un médiateur externe a dû être désigné. Le parti doit se mettre en ordre de marche : soit vous vous réconciliez, soit l'un de vous deux devra démissionner…
Une décision doit être prise. Nous avons vécu une période très compliquée. Mais c'est assez logique dans un parti très démocratique comme le nôtre. Je vais être cash : Ecolo a vécu une double défaite électorale et doit se réinventer, se transformer de fond en comble. Il est normal d'assister à de vifs débats internes sur l'avenir du parti, sur sa ligne politique, sur l'ampleur de son ouverture à l'extérieur. C'est super sensible alors que nous sommes à la croisée des chemins. La démocratie, c'est cela aussi : l'institutionnalisation des conflits. Mais il faut maintenant trancher sur le projet. Le parti doit regarder dans une seule direction et fixer un cap politique clair. Pour ce qui me concerne, le fil rouge, c'est l'autonomie, l'écologie des libertés : la liberté de ne plus dépendre de Poutine pour se chauffer, de pouvoir prendre l'ascenseur social grâce à une vraie réforme fiscale, la liberté de s'émanciper dans une école véritablement gratuite et ouverte à toutes et tous.
Et Marie Lecocq n'est pas d'accord avec cette vision ?
Avec Marie Lecocq, nous avons eu des soucis, effectivement. Mais nous allons proposer au conseil de fédération (organe décisionnel interne d'Ecolo, NdlR) de ce 21 novembre une note d'orientation sur l'avenir du parti. Nous devons la clarté à nos membres et à nos concitoyens. Tous nos élus bossent d'arrache-pied. À tous les niveaux de pouvoir.
Au sein d'Ecolo, Alain Maron et Zakia Khattabi plaideraient en faveur d'une participation d'Ecolo à un futur et hypothétique gouvernement régional bruxellois. Mais Marie Lecocq s'opposerait à cette vision participationniste et serait critiquée en interne pour cette raison notamment. Est-ce juste ?
Non, ce n'est pas juste. La position de la coprésidence, c'est que cette saga bruxelloise n'a que trop duré. Ecolo est prêt à y aller. Je le dis comme coprésident de manière très formelle : nous nous engageons à mettre de l'huile dans les rouages et à débloquer la situation à Bruxelles. Nous sommes prêts à marquer de notre empreinte verte un prochain accord de majorité régionale. Nous sommes prêts à prendre nos responsabilités. J'ouvre la porte à une participation d'Ecolo, en formant un axe avec Groen.
"Je le dis comme coprésident de manière très formelle : nous nous engageons à mettre de l'huile dans les rouages et à débloquer la situation à Bruxelles."
Récemment, Rajae Maouane, députée fédérale et ancienne coprésidente d'Ecolo, s'est félicitée sur les réseaux sociaux de l'approbation par le Conseil de sécurité de l'ONU du plan du Maroc pour le Sahara occidental, un territoire que ce pays occupe illégalement depuis plusieurs décennies. Peut-on réclamer l'application du droit international à Gaza et en Palestine face à Israël tout en l'ignorant quand les intérêts du Maroc sont concernés ? Cette position de Rajae Maouane a étonné au sein d'Ecolo.
Rajae Maouane n'a pas dit que le Maroc avait la souveraineté sur ce territoire. La position d'Ecolo est très claire : que ce soit pour l'Ukraine, pour l'est du Congo, pour les Ouïghours et la Chine, seul le droit international doit primer. Le peuple sahraoui, qui n'est pas autonome, a le droit à l'autodétermination. On ne peut pas changer de position en fonction du pays dont on parle. Je suis docteur en droit international et je ne bougerai jamais d'un millimètre sur cette ligne.
La première partie de l'interview est à découvrir ici.