Zakia Khattabi : "Moins Bouchez s'occupe de la situation de Hadja Lahbib, plus nous avons de chances de nous en sortir par le haut"

Ce matin, Zakia Khattabi était sur le plateau de LN24.

Zakia Khattabi, ministre du Climat, de l'Environnement, du Développement durable et du Green Deal et membre du parti Ecolo, était l'invitée de Martin Buxant ce jeudi matin. À l'ordre du jour ? Le cas de Hadja Lahbib, la crainte d'une chute du gouvernement fédéral, la loi de restauration de la nature et l'interdiction de certaines exportations.

Suite au fracas qu'a suivi l'octroi de visas à une délégation iranienne pour assister au Brussel Urban Summit, le poste de Hadja Lahbib semble vacillant et sa capacité à mener à bien la politique étrangère est remise en question. Zakia Khattabi, collègue de la ministre pointée du doigt par les politiques, estime qu'il reste des questions sans réponse. Mais elle salue la ministre qui a "répondu favorablement à l'idée de poursuivre le débat". Conclusion ? "L'affaire est à suivre."

À présent, deux questions se posent, selon la ministre du Climat. "D'abord, il faut faire la lumière sur tout ce qui s'est passé. Des questions restent en suspens, toute la lumière n'a pas été faite", estime-t-elle. Ensuite, pour la ministre, "la question de comment rétablir la confiance et effectivement la crédibilité de nos affaires étrangères sera aussi importante à reconstruire en ce compris le cas de madame Lahbib."

Revenant sur le rôle de Georges-Louis Bouchez, Zakia Khattabi "aimerait autant qu'il ne s'en occupe pas" : "La question, visiblement, c'est qu'il est intervenu en mettant de l'huile sur le feu. Moins il s'en occupe, mieux on a de chance de s'en sortir de cette affaire", a-t-elle déclaré.

Faut-il craindre une chute du gouvernement ?

Pour Zakia Khattabi, on n'en est pas encore là. Mais ce ne serait probablement pas une catastrophe si le gouvernement chute : "On sait déjà que la situation n'est pas agréable déjà aujourd'hui sans même arriver à la chute du gouvernement. Il faut traiter cette affaire et reconstruire la dynamique au niveau du gouvernement fédéral, reconstruire la confiance entre nous", assène-t-elle.

Controverses autour de la loi sur la restauration de la nature

Malgré les désaccords au sein du gouvernement, Zakia Khattabi "se réjouit que le texte soit passé". "Aujourd'hui, le temps n'est plus à opposer l'économie à l'environnement, c'est une vision passéiste", estime-t-elle. "Aujourd'hui, si on veut une économie florissante, prospère et respectueuse des limites planétaires, il faut se poser la question de la flore et de la biodiversité."

Elle estime également que cette loi ne représente pas une menace pour les entreprises : "C'est au nom de l'intérêt de ces entreprises que je plaide pour que nous avancions le plus rapidement possible." Pour la ministre du Climat, les institutions belges, telles que la Banque Nationale, ne sont pas au goût de la lutte climatique actuelle. "Dans leurs rapports, on n'a jamais vu la moindre ligne sur le coût financier et sur le risque de la crise climatique, avance-t-elle. Il faut moderniser leurs logiciels. […] Ce sont des institutions qui ne se sont pas mises aux réalités du 21e siècle."

Selon Zakia Khattabi, on peut difficilement dire que nos institutions financières sont gouvernées par la gauche. "Il s'agit d'une vision du monde proche de celle de la droite."

Face à la crise climatique, la ministre a d'ailleurs mis en place l'indice de réparabilité. Mais quel est son rôle ? "C'est une information qu'on donne aux citoyens pour qu'ils puissent consommer de manière responsable. C'est un moyen de donner l'information sur la réparabilité d'un produit, que ce soit un pc portable, un aspirateur, un frigo, etc. Ce sera une note qui vous donne une idée sur la capacité ou pas de réparer un objet", résume Zakia Khattabi.

Pour conclure, Zakia Khattabi évoque l'interdiction d'exportation de certains produits chimiques qu'elle défend sur la scène politique. "Je sais depuis longtemps que la Belgique est parmi les pays exportateurs de produits chimiques qui sont interdits en fait sur le territoire européen, il y a donc un enjeu éthique et moral. Si nous considérons que certains produits chimiques sont nocifs en Europe, il n'est pas normal de considérer que ça ne l'est pas pour les autres", explique-t-elle, tout en rappelant que ces produits chimiques finissent par revenir dans l'assiette des Belges après avoir été utilisés et transformés.

Hadja Lahbib n'a pas convaincu le PS et Ecolo, son poste de ministre est menacé

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