Une taxe de 3 euros par passager pour l'aéroport de Charleroi? Dolimont et Neven dénoncent "un non-sens" et "un mauvais calcul"
Cécile Neven et Adrien Dolimont dénoncent une mesure qu'ils jugent contre-productive pour l'économie régionale.

- Publié le 05-12-2025 à 15h03
- Mis à jour le 05-12-2025 à 15h05

La Ville de Charleroi compte imposer, dès 2026, une taxe de 3 euros par passager au départ de BSCA (Brussels South Charleroi Airport), ce qui devrait lui rapporter quelque 15 millions d'euros.
La mesure - qui concerne l'aéroport lui-même et non les compagnies aériennes ou leurs passagers - s'inscrit dans le cadre du budget 2026 de la ville, un exercice difficile, notamment plombé par la diminution des compensations du Plan Marshall imposée par la Région. À la suite de cette mesure, les autorités wallonnes ont invité les communes à taxer les entreprises et les indépendants sur la force motrice, ce que Charleroi a refusé afin de préserver les PME situées sur son territoire, explique-t-on au cabinet du bourgmestre Thomas Dermine.
À la place, la Ville a décidé de taxer une seule entreprise: BSCA, qui réalise quelque 25 millions d'euros de bénéfice annuellement et qui "génère des externalités à Charleroi en termes de bruit, de sécurité, de charroi, de parking ventouse sur la voirie", sans que la ville ne perçoive le moindre euro, selon les autorités locales.
La taxe imposée à l'aéroport - une première, assure la Ville - devrait conduire à une baisse des dividendes versés aux actionnaires, parmi lesquels ... la Région.
"Un non-sens", "un mauvais calcul"
Dans la majorité en Wallonie, le MR a déjà dit tout le mal qu'il pensait de cette mesure. "Un non-sens" et "un mauvais calcul", ont ainsi réagi le ministre-président wallon Adrien Dolimont et la ministre régionale en charge des Aéroports, Cécile Neven.
"Je trouve que ce n'est pas une bonne idée et j'espère qu'on va pouvoir la contrer ou qu'ils reviennent à la raison et n'attaquent pas un outil économique structurant pour les Carolos", a estimé M. Dolimont.
"Ramener une taxe alors que l'on veut diminuer les subsides et la participation publique de l'aéroport afin d'augmenter son autonomie, est un non-sens", a-t-il ajouté.
"L'aéroport de Charleroi contribue déjà aux finances communales via une taxe sur les parkings. Ajouter une nouvelle taxe locale maintenant, de façon unilatérale, est un mauvais calcul. L'aéroport fait en effet face à une série de hausses de coûts très importantes, afin d'améliorer ses services, et devra supporter les nouvelles taxes fédérales sur les billets d'avions", a renchéri la ministre Neven.
"J'espère que la commune de Charleroi reverra sa décision et prendra position en faveur d'un outil porteur d'emplois pour le territoire wallon", a encore plaidé la libérale.
Pour l'heure, cette taxe sur BSCA n'est encore qu'un projet. Le budget 2026 de la Ville doit en effet être soumis au conseil communal du 15 décembre prochain puis obtenir le feu vert de la tutelle régionale. Le ministre des Pouvoirs locaux, François Desquesnes (Les Engagés) devra alors se pencher sur cette mesure qu'il pourra annuler s'il apparaît que l'intérêt général est lésé.