Agir trop tard, la marque de la Vivaldi
Un édito de Xavier Ducarme.

- Publié le 06-01-2024 à 07h11
- Mis à jour le 06-01-2024 à 07h12

Juillet 2021. Souvenons-nous. La Belgique fait face à des inondations d'une ampleur jusque-là inconnue. Le bilan est effroyable : 39 morts, des milliers de personnes meurtries et des dégâts matériels incommensurables. En marge de la catastrophe, émerge rapidement une polémique, celle de l'incapacité des secours, et singulièrement de la Protection civile, de remplir leur mission dans l'urgence. Dans les villages submergés par la crue de la Vesdre, on mesure assez rapidement combien son matériel est inadapté à la situation. Un épisode marque durablement les esprits : les embarcations de la Protection civile n'ont pas la capacité d'atteindre les sinistrés, leurs moteurs n'étant pas assez puissants pour affronter le courant, ce qui contraint les autorités à faire appel au secteur privé pour déployer des bateaux et du personnel capables de les manœuvrer.
Les multiples évaluations, enquêtes parlementaires et autres rapports censés en tirer les leçons avaient notamment conclu que la Protection civile devait renforcer son équipement et sa capacité d'intervenir rapidement, ciblant la réforme qui avait, sous la législature précédente, entraîné la fermeture de plusieurs casernes.
Aujourd'hui, deux ans et demi plus tard, c'est rebelote. De nouvelles inondations, certes infiniment moins tragiques, relancent amèrement le débat. Car, en dépit des promesses, les moyens supplémentaires n'ont pas été alloués. Ce qui a forcé Annelies Verlinden (CD&V), la ministre fédérale de l'Intérieur, d'admettre qu'elle n'était "pas contre" la réouverture de nouvelles antennes opérationnelles de la Protection civile, dans le Westhoek ou le Limbourg précise-t-elle, oubliant au passage l'existence de la Wallonie.
Une réaction sans doute bienvenue mais ô combien suspecte. La ministre sait comme tout le monde que les inondations, en Belgique comme ailleurs, se montreront d'années en années plus fréquentes et plus violentes, en raison de l'évolution du climat. Il a fallu des nouvelles crues pour qu'elle réagisse, à cinq mois des élections.
Certes, le monde politique nous a habitués à ne prendre les décisions difficiles que lorsqu'il est au pied du mur. La Vivaldi, elle, a fait de ce mode de fonctionnement une véritable marque de fabrique. En agissant trop tard, toujours trop tard. Déplorable.