Réformer l'école sans tabou
Un édito de Dorian de Meeûs.

- Publié le 16-07-2024 à 00h02
- Mis à jour le 16-07-2024 à 09h46

Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles prête serment ce mardi. Parmi ses compétences, l'enseignement obligatoire pèse lourd. Par son importance sociétale d'abord, par son budget conséquent ensuite, mais aussi en raison de ses enjeux majeurs, à commencer par l'amélioration tant attendue de la qualité de l'enseignement francophone dans notre pays. Toutes les études démontrent qu'il est possible et urgent de faire mieux.
Le Pacte pour un Enseignement d'Excellence, ce chantier crucial qui implique tous les acteurs de l'école, doit se déployer sur 12 ans. Son évaluation à mi-parcours, annoncée par le nouveau gouvernement, vise à alléger la charge administrative qui en découle et à ajuster certaines modalités, comme la troisième année du tronc commun en secondaire. La lutte contre la pénurie d'enseignants, la révision du statut des nouveaux enseignants et la rationalisation des coûts sont d'autres enjeux majeurs. Bien qu'on soit en vacances scolaires, les syndicats – plus conservateurs que jamais – protestent déjà…
Les défis sont donc considérables. La nomination de la Bruxelloise Valérie Glatigny (MR), qui avait quitté son ministère de l'Enseignement supérieur pour raisons médicales, est à ce titre réjouissante. Bien que discrète, la nouvelle ministre de l'école a fait preuve d'une véritable ténacité, doublée de réelles capacités à réformer et gérer des dossiers délicats, comme la réforme du décret Paysage et la volonté de l'UMons de disposer de sa propre faculté de médecine. De cette détermination, il lui en faudra encore pour rapprocher les calendriers scolaires et académiques des francophones et des Flamands, et en réduire les désagréments collatéraux.
Elle devra aussi faire preuve d'une bonne dose de courage pour ENFIN rééquilibrer le partage des finances entre les réseaux libre et officiel, dans la perspective de la fusion annoncée de tous les réseaux officiels. Le MR et les Engagés concrétiseront ainsi leur engagement de mettre un terme à une discrimination historique entre réseaux. Certains y voient l'entame d'une nouvelle guerre scolaire. Au contraire, on assiste là à son armistice.