Assez.
Un édito de Dorian de Meeûs.

- Publié le 22-07-2025 à 23h05

Quatre jours après sa diffusion, l'écho du discours du Roi résonne encore… Philippe est loin d'être le seul à élever la voix. Le pape Léon XIV appelle aussi à mettre fin à la "barbarie" de la guerre à Gaza, tout comme 25 pays occidentaux, l'ONU, les ONG humanitaires les plus respectables ou encore les associations de reporters qui voient leurs journalistes mourir faute de nourriture, tout comme la population gazaouie. Tous s'accordent pour que cessent le blocus humanitaire et les frappes israéliennes qui plongent la bande de Gaza dans un chaos sans précédent. Assez. Le mot revient comme une supplique. Mais ces cris semblent étouffés par le bruit des bombes, écrasés sous l'amas des ruines. Les appels à la raison se multiplient, en vain. Dans ce conflit qui déchire deux peuples que tout semble opposer, il est devenu impossible d'intervenir sans être soupçonné de prendre parti pour une cause, et donc forcément, contre l'autre. Chaque mot, chaque geste et même chaque silence sont interprétés, détournés.
Cette guerre fait rage depuis bientôt deux ans. L'éradication souhaitée du Hamas s'est muée en un désastre humanitaire d'une ampleur insoutenable, où des centaines de milliers de civils affamés sont pris au piège, privés d'eau, de soins, et d'abris. Israël avait le droit de se défendre, c'est une évidence, après l'attaque barbare du 7 octobre. Mais ce droit n'efface pas le devoir de distinguer civils et combattants. Personne ne peut répondre à une tragédie par une autre.
Le jour viendra où l'on pourra débattre du sens des mots "génocide" et "crimes de guerre". Mais l'urgence n'est pas là, mais dans un cessez-le-feu durable accompagné d'un accès des ONG à l'enclave. La fin des frappes s'impose avec force afin de mettre un terme à cette terrible crise humanitaire. Personne ne construira de paix sur des monceaux de gravats et de cadavres. Et personne ne désarmera une idéologie fanatique et terroriste en affamant une population. Le dénoncer ne relève nullement d'un ignoble ressenti antisémite, tout comme il ne pardonne en rien les atrocités perpétrées le 7 octobre 2023. D'ailleurs, les Gazaouis sont les premières victimes du régime islamiste qui sévit dans l'enclave. Ces Palestiniens sont passés d'un bourreau à l'autre, d'une peine à l'autre. Les enfants de Gaza – comme les otages toujours détenus par le Hamas – ont ce droit fondamental à être protégés, au nom de notre humanité. Et sans condition.
Que les bombes se taisent, enfin !
Assez.