CES de Las Vegas : les ombres de Trump et Musk vont planer sur la grand-messe mondiale de la tech
L'intelligence artificielle sera, plus que jamais, le maître-mot de l'édition 2025 du Consumer Electronics Show. L'investiture imminente de Donald Trump et la place prise par Elon Musk devraient aussi animer les discussions entre les professionnels de l'industrie technologique mondiale réunis, du 7 au 10 janvier, à Las Vegas.

- Publié le 07-01-2025 à 08h24
- Mis à jour le 07-01-2025 à 11h59

Si, à force d'être martelées dans les médias, les initiales "IA" provoquent chez vous un effet de saturation, on se permet de vous donner un petit conseil en ce début d'année : évitez de vous rendre à Las Vegas d'ici la fin de cette semaine. Non seulement la célèbre ville du Nevada sera prise d'assaut, à partir de ce mardi, par plusieurs dizaines de milliers de professionnels de la tech (soumis à des mesures de sécurité très strictes consécutives à la récente explosion d'un Cybertruck Tesla devant l'hôtel Trump de Las Vegas), mais les participants au Consumer Electronics Show (CES) n'auront aussi que le mot "IA" à la bouche.
Deux ans après l'arrivée de la vague ChatGPT et d'autres IA génératives (Claude, Gemini, etc.), l'intelligence artificielle est devenue incontournable dans le monde des nouvelles technologies. Les organisateurs du CES n'ont évidemment pas attendu ChatGPT pour mettre l'IA en tête d'affiche de leur grand-messe annuelle de la tech ; cela fait plusieurs éditions déjà que l'IA est mise à toutes les sauces à travers les milliers de start-up et d'entreprises présentes au CES. Mais, avec l'édition 2025, on devrait atteindre de nouveaux sommets.
Le patron de Nvidia en lever de rideau
Tout au long des quatre jours du salon, les 135 000 personnes attendues à Las Vegas, dont plus de 4 300 exposants (start-up, PME, grands groupes…), découvriront une impressionnante vitrine de produits innovants ayant tous en commun de recourir à l'intelligence artificielle. Qu'il s'agisse d'automobile, de santé, de vie quotidienne, d'électronique, d'énergie ou encore de divertissement, l'IA sera omniprésente. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si, dès lundi soir (heure américaine), Jensen Huang, le patron de Nvidia, avait été convié par les organisateurs du CES à donner une allocution sur l'IA. Nvidia est devenue en 2024 l'entreprise la plus valorisée au monde, aux côtés d'Apple et de Microsoft, et le porte-étendard de l'IA générative (grande consommatrice des puces développées par Nvidia avec le groupe taïwanais TSMC).
L'édition 2025 du CES a lieu dans un contexte géopolitique particulier. D'une part, le 20 janvier, Donald Trump effectuera son grand retour à la Maison Blanche. Depuis plusieurs semaines, le président élu brandit la menace de nouveaux droits de douane à l'encontre de plusieurs grandes puissances (Chine, Mexique, Canada et Union européenne) dès son entrée en fonction. S'agissant de Pékin, Donald Trump a agité la menace de taxer certains produits jusqu'à 60 %. "Il va y avoir beaucoup d'exposants inquiets, anticipe Rob Enderle, analyste indépendant interrogé par l'AFP, mais ils l'exprimeront plutôt en privé pour ne pas se mettre à dos le futur gouvernement". À cela s'ajoute la place prise par Elon Musk, homme le plus riche du monde et patron d'entreprises stratégiques (SpaceX, Tesla, X…) aux côtés du successeur de M.Trump.
Des visas refusés et contestés
D'autre part, avant même l'ouverture ce mardi du CES, on a assisté à un regain de tensions entre les États-Unis et la Chine. Déjà bien présentes l'an dernier, les sociétés chinoises représenteraient entre un quart et un tiers des 4 000 exposants attendus cette semaine. Or, d'après Le Figaro, certains exposants chinois auraient vu leur demande de visa refusée en dépit de l'autorisation écrite délivrée par la CTA (Consumer Technology Association), organisatrice du CES. "Nous encourageons le gouvernement américain à accélérer et à approuver les visas pour les personnes qui se rendent aux États-Unis pour des raisons professionnelles légitimes", a réagi, assez diplomatiquement, le CTA.
Ces crispations renvoient, plus largement, au débat apparu récemment autour des visas pour travailleurs qualifiés (H1-B), dont l'industrie technologie américaine est très friande pour attirer les meilleurs talents sur le sol américain. Mais là, c'est le président Trump lui-même qui se retrouve pris entre deux feux : l'électorat républicain le plus favorable à des mesures anti-immigration et les leaders de la tech américaine emmenés par Elon Musk.