Après une préparation psychologique menée de main de maître, la BCE entame la remontée de ses taux
Les huiles de la Banque centrale européenne ont entériné le principe de la normalisation de la politique monétaire pour la mi-juillet.
- Publié le 09-06-2022 à 14h42
- Mis à jour le 10-06-2022 à 09h44

Après une préparation psychologique menée de main de maître par sa présidente Christine Lagarde, la Banque centrale européenne (BCE) a comme attendu annoncé jeudi le démarrage de la normalisation de sa politique monétaire. Comme attendu, celui-ci prendra la forme d'une remontée de 25 points de base de ses principaux taux d'intérêt de référence, au moment de la prochaine réunion du Conseil des gouverneurs, soit le 21 juillet. D'ici-là, ces taux resteront inchangés, soit, respectivement, à 0 % pour les opérations de refinancement, à 0,25 % pour le taux de prêt marginal et de -0,50 % pour le taux de facilité de dépôt.
Deuxième salve en septembre
Une autre hausse aura lieu en septembre, ce qui signifiera notamment la fin de taux négatifs pour les facilités de dépôt. À noter qu'en fonction de l'évolution du taux d'inflation observé en septembre, on pourrait alors assister non pas à une nouvelle hausse de 25 points de base, mais d'une hausse plus marquée. Comme à son habitude, la BCE assure ajuster son tir en fonction de chiffres mouvants.
À cet égard, l'institut monétaire dont un des objectifs est de maintenir le taux d'inflation autour de 2 %, a été forcé de revoir ses estimations en la matière, alors que les prix continuent de grimper. En mai, note la BCE, l'inflation a grimpé de manière significative, essentiellement en raison de la hausse des prix de l'énergie et des produits alimentaires. Mais ces hausses de prix ont eu tendance à se généraliser et à s'intensifier. En conséquence, les experts de la BCE ont revu à la hausse leurs estimations établies en mars dernier, tablant désormais sur une inflation de 6,8 % en 2022, avant une décrue à 3,5% en 2023 et à 2,1 % en 2024. Ce qui ne signifie pas, retenons-le, que les prix vont baisser. La situation économique reste donc préoccupante, comme l'ont souligné les grands organismes supranationaux ces derniers jours.
Taux longs en hausse
Quid, dès lors de la politique d'achats massifs menée par la BCE pour faire pression sur les taux d'intérêt à long terme en vue de maintenir l'accès au crédit dans la zone euro ? Ici aussi, la BCE avait préparé le terrain pour éviter d'ébranler les marchés financiers, et n'a fait que confirmer ce que les opérateurs attendaient.
À savoir, la fin programmée des achats nets d'actifs obligataires à compter du 1er juillet prochain. On parle ici de l'APP (asset purchase programme), et clairement d'achats nets. Ce qui signifie que le produit des remboursements d'actifs arrivant à échéance sera immédiatement réinvesti, afin d'éviter une pression sur les prix de ces actifs, et une hausse des taux à long terme. Même option pour le programme d'achats d'urgence face à la pandémie, le PEPP (pandemic emergency purchase programme). Sachant que les deux programmes pourraient être soutenus en cas de dérapage des marchés, aussi longtemps que possible.