Pénuries de carburants en France : le gouvernement menace "d'intervenir" pour débloquer les dépôts
Près d'un tiers des stations sont encore affectées par des pénuries de carburant en France.
- Publié le 11-10-2022 à 07h11
- Mis à jour le 12-10-2022 à 08h36

Le gouvernement français a accentué, tard lundi soir, la pression sur les syndicats et les directions des raffineries bloquées pour qu'ils négocient, alors que près d'un tiers des stations sont encore affectées par des pénuries de carburant en France, et que le syndicat CGT a reconduit son mouvement de grève pour mardi.
En dépit d'appels répétés du gouvernement à négocier sur les salaires et à cesser les blocages, la CGT et la direction de TotalEnergies ne sont pas parvenues à s'entendre.
La grève se poursuit aussi dans les deux raffineries françaises d'Esso-ExxonMobil, après une réunion avec la direction qualifiée de "non-concluante" par Christophe Aubert, délégué syndical central CGT.
"Chacun doit prendre ses responsabilités"
Confrontée à cette impasse, la Première ministre Elisabeth Borne, à peine rentrée d'un déplacement à Alger, a réuni plusieurs ministres en urgence dans la soirée à Matignon.
"Le gouvernement ne peut laisser le pays être bloqué", a commenté à l'issue l'entourage de Mme Borne: "Il continuera de prendre les mesures facilitant l'approvisionnement des stations comme il le fait depuis plusieurs jours", mais "chacun doit prendre ses responsabilités. Le gouvernement prendra les siennes".
"Nous mettons tout en oeuvre pour que cette situation s'arrête", a ajouté le gouvernement, en évoquant la possibilité de procéder à des réquisitions ou de rouvrir les accès aux dépôts.
Du nord au sud de la France, les mêmes scènes se reproduisent: des stations fermées, d'interminables files d'attente, des prix en hausse et le moral en berne.
A 18H lundi, 29,4% des stations-service étaient en difficulté au niveau national (contre 29,7% à 15H dimanche), a indiqué la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher.
"Si une légère amélioration est constatée dans les Hauts-de-France, (...) d'autres difficultés apparaissent sur le territoire, y compris dans des zones qui ne sont pas concernées par le mouvement social en cours comme la façade Atlantique", indique le ministère dans un communiqué.
