Pourquoi les grands assureurs fuient la Californie et la Floride
Libre Eco week-end | Le Dossier. Depuis plusieurs mois, on assiste à un phénomène inquiétant dans certains États.

- Publié le 24-09-2023 à 11h25

Feux de forêts, cyclones ou inondations : ces dernières années, certains États des États-Unis ont été durement touchés par le changement climatique. Cette multiplication de catastrophes plonge les assureurs dans la crise et fait monter le prix des polices, titrait ainsi en début d'été le New York Times. Et nos confrères américains de constater que pour un nombre croissant de propriétaires, il est compliqué, voire impossible, de s'assurer. Pire, l'existence de certaines localités pourrait être remise en cause.
Car, depuis plusieurs mois, on assiste à un phénomène inquiétant dans certains États. De grandes entreprises d'assurances ne veulent tout simplement plus prendre le risque d'assurer des habitations de plus en plus confrontées à des catastrophes climatiques.
Prix de l'assurance multiplié par quatre
En mai dernier, la plus grande société d'assurance habitation en Californie, State Farm, a ainsi annoncé qu'elle cesserait de vendre de nouvelles polices aux propriétaires partout dans l'État. La compagnie invoque "une exposition aux catastrophes en augmentation rapide." Avec le dérèglement climatique, "les compagnies d'assurances, fatiguées de perdre de l'argent, augmentent leurs tarifs, restreignent leur couverture ou se retirent tout simplement de certains endroits", indique le New York Times.
Pour les propriétaires, cela se traduit parfois par des hausses de coûts brutales. Comme ce fut le cas dans une partie de l'est du Kentucky, ravagé par les tempêtes l'été dernier, où le prix de l'assurance contre l'inondation a quadruplé. La situation n'est guère plus brillante en Floride où le coût de ces assurances inondations ou ouragans est aussi exorbitant. Avec la fréquence des tempêtes dans le Sunshine State, le prix d'une assurance habitation est trois fois plus élevé que dans le reste du pays. Avec des tarifs aussi élevés, le taux de remboursement est très faible et le nombre d'assurés très bas.
Le cercle vicieux est complet : de nombreuses assurances privées font faillite parce qu'elles ne savent plus faire face financièrement aux nombreuses catastrophes naturelles. Les dégâts causés par l'ouragan Ian, l'année dernière, sont ainsi estimés à plus de 30 milliards d'euros pour la Floride. Pour pallier les failles du marché, la Floride et la Louisiane disposent d'un programme public d'assurance en dernier ressort. Mais, selon Carolyn Kousky, une experte à l'ONG Environmental Defense Fund, ces systèmes publics, eux-mêmes, "commencent à se fissurer."