Carton plein pour l'Espagne, la Grèce et consorts : la menace de "l'hypertourisme" est plus que jamais présente
Les pays méditerranéens battent des records de fréquentation touristique. Cette croissance ne plaît pas à tout le monde, surtout aux populations locales.

- Publié le 05-05-2024 à 15h37
- Mis à jour le 06-05-2024 à 12h02

Le Covid est une histoire du passé pour la grande majorité des pays du pourtour méditerranéen. Pour rappel, la pandémie avait fortement paralysé le tourisme, activité essentielle pour la région. La reprise a été beaucoup plus rapide que prévu, poussée notamment par le phénomène du "revenge travel", beaucoup de voyageurs réalisant le séjour qu'ils n'avaient pas pu faire pendant la période du Covid.
Cet appétit du voyage s'accélère. L'Espagne, deuxième destination touristique mondiale derrière la France, devrait battre cette année son record de revenus et de fréquentation touristiques selon les estimations de l'organisation patronale Exceltur. Le PIB touristique espagnol va "pour la première fois" dépasser les 200 milliards d'euros en 2024, soit une hausse de 8,6 % par rapport à 2023 qui était déjà une année record.
Les photos "Instagram" de Santorin
L'activité touristique, pilier de l'économie du pays, pèserait alors 13,3 % de l'ensemble du PIB espagnol. En 2023, l'Espagne a reçu un nombre record de 85,1 millions de touristes internationaux, principalement britanniques, français et allemands.
Plus à l'Est, la Grèce bat aussi tous ses records en la matière. Le pays a accueilli près de 33 millions de visiteurs étrangers l'an dernier, soit davantage qu'en 2019, année de référence avant la pandémie. L'effet "Instagram" est là. Connue mondialement pour son coucher du soleil, l'île de Santorin, 10 000 habitants, a reçu plus de deux millions de visiteurs l'année dernière. Cet afflux de devises venues de l'extérieur dope l'économie du pays qui affiche l'un des taux de croissance les plus importants d'Europe.
Antalya et ses 15 millions de visiteurs
La Croatie, certaines régions d'Italie, le Maroc, l'Égypte ou la Turquie obtiennent aussi des résultats jamais atteints. Ce dernier pays profite d'un afflux massif de touristes russes, interdits de voyage dans la plupart des pays européens. Antalya, station balnéaire de la riviera turque, devient l'une des villes les plus visitées au monde avec 15,6 millions de touristes accueillis l'an dernier.
Côté turc, cette croissance pourrait toutefois être contrecarrée par la forte inflation que connaît le pays. Le tour-opérateur Tui constate de nombreuses "chambres vides" à l'approche de l'été. "Pour contrer ce phénomène, de nombreux hôteliers turcs proposent déjà des réductions importantes, allant jusqu'à 40 % des prix", explique Tui.
Le retour massif des voyageurs ne plaît pas toujours, surtout aux populations locales. Au point que les autorités mettent parfois de mesures en place contre "l'hypertourisme". La Grèce va ainsi contrôler le nombre de personnes visitant le site de l'Acropole à Athènes, tandis que les touristes d'un jour de forte influence doivent désormais payer cinq euros pour visiter Venise.