Traces blanches : ces "nuages artificiels" qui réchauffent la planète… et le prix des billets d'avion ?
Les "traces blanches" émises par les avions sont très présentes durant les soirées hivernales en Europe. Elles sont particulièrement nocives pour la planète, mais une solution existerait pour en éliminer les effets négatifs.

- Publié le 15-11-2024 à 08h08
- Mis à jour le 15-11-2024 à 09h23

Elles font parfois le bonheur des photographes, mais sont une catastrophe pour la planète. D'après l'ONG Transport&Environnement, les "traces blanches" que font les avions en passant dans le ciel ont "un effet de réchauffement net" sur la planète "au moins aussi important" que celui causé par les émissions de CO2 de l'aviation. Ces traces blanches sont, en fait, des traînées de condensation provoquées par la vapeur d'eau émise par les moteurs d'avion à très haute altitude. Elles disparaissent heureusement rapidement après le passage de la plupart des avions dans le ciel, ce qui limite leur impact négatif.
Mais parfois, elles peuvent rester plusieurs heures dans la voûte céleste après un vol. Ce qui augmente le forçage radiatif et donc le dérèglement climatique. Notons que la latitude et la géographie influencent l'impact de ces "nuages artificiels". "Les vols au-dessus de l'Amérique du Nord, de l'Europe et de la région de l'Atlantique Nord ont été à l'origine de plus de la moitié du réchauffement global des traînées de condensation en 2019", développe Transport&Environnement.
Un phénomène qui ne concerne pas tous les vols
Les traces blanches sont aussi plus imposantes en hiver et durant les vols "du soir et de la nuit". Toujours d'après l'étude l'ONG, une petite minorité de vols (3 %) génère ainsi 80 % du réchauffement dû aux traînées de condensation à travers le monde. Le problème étant bien localisé, il ne faudrait ainsi pas grand-chose, selon Transport&Environnement, pour limiter les effets négatifs de ce phénomène.
La solution de l'ONG ? Faire légèrement dévier la trajectoire de ces 3 % de vols pour les amener dans des endroits du ciel où les avions émettent peu, voire pas de traces blanches. Ces modifications de trajectoires pourraient faire éviter "80 % du réchauffement dû aux traînées de condensation", selon Transport&Environnement.
Entre la peste et le choléra
Le revers de la médaille ? Ces détours feraient augmenter la consommation de carburant de 5 % en moyenne sur les vols concernés et donc… leurs émissions de CO2. Si on ramène cela au niveau de l'ensemble de la flotte mondiale, cette hausse se limiterait à 0,5 %. Entre la peste et le choléra, Transport&Environnement a fait son choix. "Les avantages pour le climat d'éviter les traînées de condensation les plus réchauffantes sont 15 à 40 fois plus importants que les inconvénients des émissions supplémentaires de CO2", estime l'ONG. "Cela ne rend pas moins urgente la réduction des émissions du secteur de l'aviation".
Il existe très peu de solutions climatiques pouvant être mises en œuvre aussi rapidement, à un coût aussi faible et avec un impact minime sur l'industrie et les consommateurs."
Cette mesure nécessiterait aussi un investissement des compagnies aériennes concernées. Il faudrait ainsi, par exemple, équipé les avions de capteurs d'humidité spécifiques pour pouvoir éviter les zones favorables aux traces blanches. Transport&Environnement a fait ses calculs. Sur un vol Paris-New York, ce surplus financier reviendrait à 4 euros par billet d'avion. "Il existe très peu de solutions climatiques pouvant être mises en œuvre aussi rapidement, à un coût aussi faible et avec un impact minime sur l'industrie et les consommateurs", avance Carlos Lopez de la Osa, le spécialiste aviation de l'ONG. Ne discutons donc plus de la question de savoir si nous devons le faire, mais comment le faire".