Voici combien sont rémunérés les grands patrons en Belgique
Les grands patrons belges du Bel 20 ont touché soixante fois plus qu'un travailleur belge moyen, et deux fois plus qu'un patron d'une entreprise belge moyenne.

- Publié le 04-12-2024 à 12h27
- Mis à jour le 06-12-2024 à 11h35

Il faudrait 60 ans à un travailleur belge pour gagner la rémunération d'un CEO du Bel 20. Un décalage énorme et quantifié par une nouvelle étude menée par l'Executive Remuneration Research Centre de la Vlerick Business School. Et si les patrons du Bel 20 gagnent sans surprise plus que les travailleurs belges moyens, ils gagnent également plus que leurs homologues issus des moyennes et petites entreprises.
Ainsi, la médiane des rémunérations des CEO des entreprises du Bel 20 est deux fois plus élevée que celle des autres entreprises belges. Les grands patrons belges du Bel 20 ont gagné plus de 2,8 millions d'euros en 2023. Les patrons des entreprises Bel Mid (indice regroupant les entreprises cotées dont la capitalisation ne leur permet pas de faire partie du Bel 20), ont touché quant à eux 1 million d'euros, contre 545 000 euros pour les plus petites entreprises belges (Bel Small). Une différence majeure, qui s'explique par un facteur clé.
Plus de 2,8 millions d'euros par an
L'étude menée par le professeur Xavier Baeten et la chercheuse senior Marthe Van Hove a donc mis en avant la rémunération des grands CEO belges. Il en ressort qu'en 2023, la médiane de la rémunération totale (qui comprend le salaire fixe, le bonus à court terme et la rémunération à long terme) des CEO des grandes et moyennes entreprises cotées a augmenté en Belgique. Celle des CEO des petites entreprises a en revanche légèrement diminué.
Les grands patrons belges du Bel 20 ont touché 2 810 634 euros en 2023, contre 2 701 215 euros en 2022. Parmis eux, on compte Chris Peeters (Bpost), Guillaume Boutin (Proximus), Ilham Kadri (Solvay), Jan Boone (Lotus Bakeries), Marc Biron (Melexis), Philippe Kehren (Solvay), ou encore Michel Doukeris (AB Inbev). Tandis que les CEO du Bel Mid ont touché 1 061 653 euros en 2023, contre 868 303 euros en 2022 et que ceux des sociétés du Bel Small ont touché 545 705 euros en 2023 contre 579 692 euros un an plus tôt.
Concrètement, le salaire médian belge est de 3 850 euros par mois, soit 46 200 euros par an. Pour amasser la même rémunération qu'un CEO du Bel 20, les Belges devraient travailler 60 ans. Plus d'une carrière entière pour gagner le salaire d'une seule année d'un grand patron.
"Les principales différences concernent la rémunération à long terme et les cotisations de pension, dix fois plus élevées dans les grandes entreprises cotées que dans les petites", expliquent les auteurs de l'analyse dans un communiqué. Les différences importantes entre les différents indices boursiers s'expliquent donc par la rémunération à long terme (souvent octroyée sous la forme d'actions) et les cotisations de pension. "Alors que 75 % des CEO des entreprises du Bel 20 perçoivent ce type de rémunération, ils sont seulement 16 % à en bénéficier dans le Bel Small", complètent-ils.
La composition du package salarial varie clairement. "Alors que le salaire fixe d'un CEO d'une entreprise du Bel 20 représente 34 % de la rémunération totale, ce chiffre est de 68 % pour le Bel Mid et même 77 % pour le Bel Small", ajoutent encore les chercheurs.
Moins rémunérés que nos voisins européens
L'étude s'intéresse aussi aux rémunérations au niveau européen. Les 18 CEO belges dont l'entreprise fait partie du Bel 20 et du Stoxx 600 (qui regroupe les 600 plus grandes entreprises européennes cotées) disposent d'une rémunération totale (médiane) de 3 millions d'euros, contre 4,5 millions d'euros pour le Royaume-Uni. La médiane pour les CEO français s'élève à 4,3 millions d'euros, celle pour les CEO allemands à 4,3 millions d'euros, celle pour les CEO néerlandais à 3,7 millions d'euros et celle pour les CEO suisses à 3,3 millions d'euros. Les CEO suédois ferment la marche avec 1,5 million d'euros. À noter que ces rémunérations dépendent aussi de la taille des entreprises, de leur place à l'international et de leur capitalisation boursière.