Donald Trump s'engage à fournir plus de gaz à l'Europe
Le Républicain n'a pas peur que la hausse des exportations américaines fasse monter les prix pour le consommateur US.
- Publié le 23-01-2025 à 20h20
- Mis à jour le 24-01-2025 à 09h38

Donald Trump a fait une apparition remarquée, par vidéoconférence, au Forum économique de Davos jeudi. Après une courte introduction, durant laquelle il a sévèrement attaqué son prédécesseur Joe Biden, le Républicain a été interrogé par plusieurs dirigeants de multinationales, dont le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné. Voici les éléments saillants de l'intervention du nouveau président.
1. Allergique aux déficits commerciaux
Lors de son premier mandat, Donald Trump avait fait de la réduction du déficit commercial américain l'une de ses priorités. L'arme préférée du millionnaire pour s'attaquer au déficit commercial est la mise en place de tarifs douaniers. À Davos, Donald Trump a dénoncé le déficit commercial que les USA accusent vis-à-vis de l'Europe, de la Chine et du Canada. Le président a également menacé d'instaurer des tarifs douaniers aux pays qui refusent de rapatrier leur production manufacturière aux USA.
"Venez fabriquer vos produits en Amérique, et nous vous offrirons les impôts les plus bas de tous les pays du monde, a-t-il déclaré. Si vous ne fabriquez pas vos produits en Amérique, ce qui est votre prérogative, vous devrez payer des tarifs douaniers." Le Républicain n'a pas précisé quel serait le montant de ces tarifs, mais il a affirmé qu'ils feraient rentrer des centaines voire des milliers de milliards de dollars dans les caisses du Trésor américain.
2. Exportations de gaz : Trump donnera les permis
Actuellement, le gaz naturel coûte environ quatre fois moins cher aux États-Unis qu'en Europe. De nombreux producteurs, établis aux USA, souhaitent donc augmenter les exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) vers l'Europe. Néanmoins, Joe Biden avait gelé l'octroi de permis en faveur de nouvelles infrastructures d'exportation de GNL américain. Alors que TotalEnergies est actif dans le business du GNL aux USA, Patrick Pouyanné a demandé à Donald Trump s'il comptait octroyer les permis, permettant d'exporter davantage de GNL américain.
Cette question est sensible. Si les prix sont bas aux États-Unis, c'est parce qu'il y a une abondance de gaz dans le pays. Or les USA comptent construire de nombreuses centrales électriques au gaz pour alimenter les infrastructures liées à l'intelligence artificielle. Cette consommation supplémentaire de gaz, combinée à une hausse des exportations, pourrait diminuer la disponibilité du gaz et faire monter les prix sur le marché américain.
Mais Donald Trump n'est pas d'accord avec cette analyse. Il s'est ainsi engagé à délivrer les permis pour les infrastructures d'exportation de GNL américain. Voilà qui pourrait faire plaisir à l'Europe, même si les règles européennes sur les rejets de méthane pourraient mettre le GNL américain hors jeu.
3. Pression sur le cartel pétrolier Opep +
Par ailleurs, Donald Trump a signifié son intention de faire baisser le prix du baril de pétrole, en demandant au cartel pétrolier Opep + de produire davantage. Voilà qui semble contradictoire avec sa volonté d'augmenter la production américaine de pétrole. En effet, en cas de baisse du prix du baril, les producteurs américains ne seront pas incités à produire davantage d'or noir, une autre promesse de Donald Trump. On ne peut pas avoir une baisse des prix et une hausse de la production américaine simultanément, avancent plusieurs experts.
