Les prix des billets d'avion vont-ils augmenter ? "Certaines compagnies sont mieux protégées que d'autres"
Air France et KLM annoncent déjà une hausse des tarifs sur leurs vols long-courriers. Et en Belgique ?

- Publié le 13-03-2026 à 08h12

Le choc pétrolier provoqué par la guerre en Iran a des conséquences jusque dans le ciel européen. Les compagnies aériennes Air France et KLM ont ainsi annoncé une hausse du prix de leurs billets sur les trajets long-courriers. Plus précisément, "en classe économique, les tarifs augmenteront de 50 euros aller-retour", a précisé le groupe aérien franco néerlandais.
Et ce ne sont pas les seules. Ces derniers jours, des compagnies comme SAS (Suède-Danemark-Norvège), Cathay (Hong-Kong) Pacific (Vietnam), Air India et Qantas (Australie) ont annoncé des "surcharges" carburant de plusieurs dizaines d'euros par billet pour leurs vols à longue distance.
En Belgique, cette augmentation n'est pas (encore ?) d'actualité. Récemment, la patronne de Brussels Airlines, Dorothea von Boxberg, avait ainsi indiqué que la compagnie belge avait une couverture (hedging), via sa maison-mère Lufthansa, de 80 % de son kérosène pour cette année. Cette couverture est aussi "très bonne" pour 2026 chez Tui fly. "Nous ne prévoyons aucune hausse ou supplément lié au carburant à court terme" , signale la compagnie belge.
Les Américains prennent plus de risques
Pour rappel, les compagnies aériennes, très dépendantes de la fluctuation des prix pétroliers, ont des stratégies de "couverture" dans leurs achats de kérosène. Le principe de ce hedging étant d'acheter des carburants à prix fixe, plusieurs mois à l'avance.
Chaque transporteur a une stratégie différente en la matière, les compagnies européennes ayant la réputation d'assurer de larges couvertures – parfois très coûteuses mais qui les protègent mieux en cas de crise – là où les transporteurs nord-américains décident, par exemple, d'être plus dépendants des prix du marché.
La bonne stratégie de Ryanair et easyJet ?
Tout est une question d'équilibre : si les compagnies moins couvertes passent plus difficilement les chocs pétroliers, elles disposent, au contraire, d'un avantage financier important sur leurs concurrentes quand les prix du kérosène sont bas.
"Certaines compagnies sont mieux protégées contre cette hausse que d'autres", explique Luke Peters du site spécialisé Aerospace Global News. Avec près de 80 % de son kérosène couvert jusqu'à la fin de l'année, Lufthansa serait ainsi l'un des groupes aériens mondiaux les mieux parés pour passer cette crise. En Europe, Les compagnies low cost easyJet (84 % de couverture pour le premier semestre 2026), Wizz Air et Ryanair sont aussi "largement couvertes" pour cette année.