Le pétrole grimpe encore avec la menace d'escalade au Moyen-Orient
Les prix du pétrole progressent, le Brent franchissant les 100 $ le baril, alors que les tensions au Moyen-Orient inquiètent les investisseurs.

- Publié le 16-03-2026 à 07h51
- Mis à jour le 16-03-2026 à 07h56

Les prix du pétrole s'affichent en petite hausse lundi, les investisseurs guettant le conflit au Moyen-Orient, le Brent progressant toujours au-delà des 100 dollars le baril, tandis que les Bourses d'Asie évoluaient en ordre dispersé au gré d'échanges volatils.
Le pétrole incertain, le Brent au-delà de 100 dollars
Vers 06H30 GMT, le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence du marché américain, gagnait 0,45% à 99,15 dollars.
Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, progressait plus nettement, grimpant de 1,42% à 104,60 dollars.
Le marché modérait ses fluctuations après ses récentes envolées: les cours de l'or noir ont connu une flambée spectaculaire depuis le début du conflit, le prix du Brent ayant bondi de quelque 40% en deux semaines, et le WTI de presque 50%.
La paralysie du détroit d'Ormuz
Les investisseurs restent suspendus aux développements de la guerre et à la paralysie du détroit d'Ormuz, par lequel transite d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial.
Le président américain Donald Trump a appelé samedi à la rescousse d'autres pays pour sécuriser ce passage stratégique, citant la France, la Chine, le Japon, le Royaume-Uni et la Corée du Sud, sans que ces Etats ne confirment leur appui pour l'heure.
Et sans sembler convaincre les marchés.
"Une démonstration de force militaire manifeste pourrait engendrer des risques et des difficultés opérationnelles considérables et, si elle est mal exécutée, exacerber les tensions au lieu de les apaiser", prévient Chris Weston, analyste du courtier Pepperstone.
"Et rien ne garantit qu'une telle mesure rétablirait immédiatement la circulation maritime normale" face aux frappes iraniennes, ajoute-t-il.
Des "risques d'une nouvelle escalade"
M. Trump a aussi menacé de cibler les infrastructures pétrolières de l'île de Kharg, située à environ 30 kilomètres des côtes iraniennes et qui abrite le plus grand terminal d'exportation pétrolier du pays.
"Les premières attaques menées ce week-end par les Etats-Unis contre l'île de Kharg ont accru les risques d'une nouvelle escalade", même si "ces frappes ont visé des installations militaires, épargnant pour l'instant les infrastructures pétrolières", note Lloyd Chan, de MUFG.
Pour pallier l'envolée folle des prix, les pays membres de l'Agence internationale de l'Energie (AIE) ont décidé de débloquer collectivement 400 millions de barils issus de leurs réserves stratégiques de pétrole.
Le Japan a confirmé lundi entamer le recours à ses stocks. Des réserves seront débloquées immédiatement en Asie et en Océanie, et fin mars en Amérique et en Europe, a précisé dimanche l'AIE.
Parallèlement, "les oléoducs alternatifs de l'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis destinés à contourner Ormuz semblent monter en puissance: on estime leur débit à respectivement environ 5 à 7 millions de barils/jour et à un peu moins de 2 millions de barils/jour", de quoi soulager un peu les tensions sur l'offre, ajoute M. Chan.