Larry Fink, un des hommes les plus puissants de Wall Street, investit dans le durable
- Publié le 21-01-2020 à 07h19
- Mis à jour le 23-01-2020 à 19h47

Patron du plus grand gestionnaire d'actifs au monde, Larry Fink veut que son groupe renforce ses investissements durables.
Il n'a pas la popularité du milliardaire Warren Buffett mais son influence est immense : Larry Fink pilote BlackRock, plus grand gestionnaire d'actifs au monde ; un monstre de 7 000 milliards de dollars - confiés par des particuliers, des fonds de pension ou des syndicats - qui détient des actions de très nombreuses sociétés.
À 67 ans, ce père de trois enfants, toujours tiré à quatre épingles, veut user de son pouvoir pour écrire le bréviaire du capitalisme nouveau. "Pour prospérer, toute entreprise doit non seulement produire des résultats financiers, mais également montrer comment elle apporte une contribution positive à la société", prônait-il déjà en 2018. Et aujourd'hui, M. Fink a promis de faire de BlackRock un leader dans les investissements durables et responsables, tentant de répondre ainsi aux critiques de double jeu émises par les ONG.
Important donateur du parti démocrate aux États-Unis, Larry Fink a le parler franc qui le distingue des autres PDG dans l'Amérique de Donald Trump : il a menacé récemment de s'opposer aux directions peu sensibles au développement durable. Il a les moyens de se faire entendre : BlackRock est actionnaire d'ExxonMobil et de Chevron.
Larry Fink a co-fondé BlackRock en 1988, un an après le "Black Monday" (19 octobre 1987) quand Wall Street s'est effondré. Il est aujourd'hui "un des hommes les plus puissants de Wall Street", confie William Cohan, ancien banquier d'affaires. "Il contrôle beaucoup d'entreprises, beaucoup d'emplois et beaucoup de commerces", ajoute-t-il.
Pourtant, M. Fink a connu une longue traversée du désert.
Fraîchement diplômé de l'université de Californie (UCLA), il a débuté sa carrière à Wall Street en 1976 à la banque d'investissement First Boston. Il est alors chargé de concevoir les produits financiers adossés aux prêts immobiliers - précurseurs des subprimes qui causeront la crise financière de 2008.
Ce collectionneur d'art populaire américain connaît alors une ascension fulgurante mais la chute sera tout aussi spectaculaire. En 1986, il spécule sur une hausse des taux d'intérêt mais l'inverse se produit. Les pertes sont colossales. Tombé en disgrâce, M. Fink quitte la firme deux ans plus tard. Cette sortie est, avec l'achat d'actions Lehman Brothers, 3 mois avant la faillite de la banque, un de ses plus gros échecs.
