Le nouveau visage de Galler: "éthique et durable"
L'entreprise en profite pour s'offrir un nouveau look. Et entend se concentrer sur la Belgique et le Japon.

- Publié le 08-09-2020 à 18h59
- Mis à jour le 24-09-2020 à 19h29

"Galler veut donner du sens au goût", affirme d'entrée de jeu Salvatore Iannello, le CEO. Celui qui dit "avoir la chance d'être à la barre de ce fleuron belge", entend convaincre que "croquer dans une barre de chocolat Galler peut non seulement vous rendre heureux mais, au-delà, peut rendre le monde meilleur et pour de vrai".
Pour rappel, depuis 2019, Galler est rentré dans une phase de transition. En novembre 2018, Jean Galler, qui avait fondé la chocolaterie, belge bien sûr, avec son père en 1976, tournait la page. La famille Galler vendait les 25 % qu'elle détenait encore dans le capital au profit de la famille qatarie Al Thani, qui devenait actionnaire à 100 %. Celle-ci était entrée au capital en 2006.

En juillet dernier, l'actionnaire qatari décidait de céder 25 % du capital à un groupe d'investisseurs belges. Trois groupes d'investisseurs devaient apporter près de 7 millions d'euros lors d'une augmentation de capital : des entrepreneurs wallons (apport de 1,35 million), l'invest liégeois Noshaq (3 millions) et le fonds paritaire patrons-syndicats Invest for Jobs (1 million), l'actionnaire qatari apportant lui 1,5 million. Préalablement à cette augmentation de capital, l'investisseur qatari avait injecté 10 millions d'euros pour boucher les trous et financer la réorganisation de l'entreprise. "Nous avons retrouvé la rentabilité en 2019 (chiffre d'affaires : 30 millions d'euros, NdlR), indique Salvatoire Iannello. Nous avons recentré la France sur l'Île-de-France et fermé 4 boutiques en Belgique." Le chocolatier liégeois entendait aussi adapter sa stratégie en y injectant équité et durabilité avec la volonté de "faire bouger les lignes" pour "incarner dans le monde du chocolat une approche entrepreneuriale basée sur la convergence d'intérêts pour bâtir un monde équitable et durable".
De l'humain au cœur de la stratégie
Mardi, la chocolaterie, fournisseur de la Cour de Belgique, présentait "le nouveau visage du chocolat Galler : belge, éthique, durable… et toujours aussi savoureux". Qui s'accompagne d'un nouveau look (logo, emballages…) et d'une devise : "Le goût, la joie, la liberté"… L'entreprise annonce placer au cœur de sa stratégie "le respect de l'humain et de la planète, sans oublier le respect du produit comme elle s'y attelle depuis plus de 40 ans".
Salvatoire Iannello en est convaincu, et son voyage au long cours en voilier démarré en 2013 l'y a fait réfléchir : la société doit et va changer et le rapport de l'entreprise à l'argent, à l'humain et à la planète doit passer d'un rapport de force à un rapport de convergence d'intérêts et d'alignement. Et de vouloir passer à un quadruple enjeu stratégique : celui de P pour profit – "Sans profit, l'entreprise meurt", dit M. Iannello –, mais aussi de P comme people, planète et purpose (raison d'être) – "car sans l'humain et la planète, la société meurt aussi".
Concrètement, sur le plan humain, la chocolaterie a opté pour le label Fairtrade pour améliorer les conditions de vie des cacaoculteurs. À la clé, un prix minimum garanti et une prime pour investir dans leur futur. Dès 2020, la chocolaterie assumera un surcoût de 600 000 euros pour acheter 1 000 tonnes de fèves de cacao aux conditions du label. "Depuis le 30 juin, tous nos produits sont équitables", précise le CEO.
En interne, la société, qui emploie 170 collaborateurs, a décidé d'adopter un mode de gouvernance collaboratif et participatif. En 2021, elle entend aussi devenir une entreprise inclusive et intégrant des personnes déficientes.
Et de la planète
Question Planète, l'entreprise, qui s'appuie sur le diagnostic de la start-up Yukan, spécialisée dans la mesure d'empreinte environnementale, compte réduire ladite empreinte de 25 % dans les 5 ans. En collaboration avec Fairtrade Belgium, l'Université de Liège et la coopérative Yeyasso, Galler va aussi planter plus de 50 000 arbres au milieu des plantations de cacaoyers, de quoi préserver la biodiversité, favoriser l'épanouissement des cacaoyers, augmenter les revenus des producteurs et aider à l'émancipation des femmes qui s'occupent des cultures vivrières.
En Belgique, Galler, qui concentre sa production à Vaux-sur-Chèvremont, compte 3 factory outlet (magasins d'usine), 5 boutiques en propre et 4 franchisées. Une boutique à Strasbourg. Et l'entreprise est présente dans la distribution classique dans une vingtaine de pays (grande distribution, department stores etc. selon les pays). C'est dans cette distribution que l'entreprise fait 80 % de ses ventes. "Et 80 % du volume sont le fait de la Belgique, du Luxembourg, du Japon et de la France", détaille le patron. Qui conclut : "Stratégiquement, la Belgique (en ce compris le Luxembourg) et le Japon sont les deux pays où nous allons investir des ressources".