Giovanni Ferrero, héritier de l'empire Nutella et chocolatier le plus riche de Belgique
Eco$tory | À la tête d'une multinationale présente sur les cinq continents, roi de la plus célèbre pâte à tartiner, Giovanni Ferrero est le chocolatier le plus riche de Belgique. Héritier du groupe familial, sa fortune le place à la 40e position sur la liste des milliardaires publiée par Forbes.

- Publié le 12-04-2021 à 14h18

Un Italien résident à Bruxelles. On dit qu'il est l'Italien le plus riche du monde mais également qu'il est le chocolatier le plus prospère de Belgique. Cet homme c'est Giovanni Ferrero, 56 ans, à la tête du groupe familial qui commercialise, entre autres, la célèbre pâte à tartiner Nutella. A lui seul, sa valeur nette est estimée à 34,7 milliards de dollars (29,33 milliards d'euros), le plaçant à la 40e position sur la liste des milliardaires de Forbes..
Créé en 1946 à Alba, en Italie, le groupe Ferrero en est à sa troisième génération. Juste après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, la famille Ferrero devient le premier producteur italien d'après-guerre à ouvrir des usines et des bureaux à l'étranger dans le secteur de la confiserie, faisant de la société un groupe international.
Le groupe Ferrero est aujourd'hui le deuxième plus grand fabricant de chocolat au monde. L'entreprise vend des chocolats Ferrero Rocher, de la pâte à tartiner Nutella, des Kinder et d'autres confiseries dans plus de 170 pays, emploie 40 000 personnes et fabrique 365 000 tonnes de Nutella par an. La société a réalisé un chiffre d'affaires de près de 15 milliards de dollars de vente en 2020.
Une histoire de famille
Pour comprendre comment Giovanni Ferrero est arrivé à la tête de cet empire, il faut retourner dans les années 1990 (en 1997 plus précisément) quand Michele Ferrero, le défunt père du milliardaire, cède le contrôle de l'entreprise à ses deux fils. Giovanni Ferrero devient le seul directeur général lorsque son frère, Pietro, est décédé en 2011.

Depuis sa naissance, Giovanni Ferrero est préparé à prendre la tête du groupe. À la fin des années 1970, lui et son frère sont envoyés dans un pensionnat belge, notamment pour les protéger. A cette époque, des personnalités de premier plan (dont l'ancien Premier ministre italien Aldo Moro) sont kidnappées contre une rançon. Mais leur père a une motivation supplémentaire. Il sait que l'Europe va évoluer rapidement vers un marché unique et il a besoin d'héritiers à l'aise partout sur le continent.
Giovanni passe la majeure partie de sa jeunesse à Bruxelles, où il est diplômé de l'Ecole européenne. Il quitte ensuite notre pays pour étudier aux Etats-Unis. Là-bas, il se spécialise dans le marketing au Lebanon Valley College avant de commencer à travailler chez Ferrero dans les années 1980. Sa première affectation le place chez Tic Tac en Belgique. Plus tard, il occupe un poste de direction en Allemagne avant de prendre le développement des affaires au Brésil, en Argentine, au Mexique et aux États-Unis. En 2015, il endosse la double fonction de CEO et de président exécutif mais "seulement" pour deux ans puisqu'il laisse sa place de directeur opérationnel à Lapo Civiletti, le premier outsider à occuper ce poste depuis la création du groupe.

Un milliardaire discret
Avec Giovanni à la tête du groupe, la croissance s'accélère et passe désormais par les acquisitions alors que son père misait plutôt sur l'innovation. Giovanni Ferrero ne cache pas son ambition de doubler le chiffre d'affaires en dix ans comme il le déclarait à Forbes. Il fait l'acquisition du chocolatier britannique Thorntons en 2015 et des biscuits Delacre en 2016. Il a ensuite acheté les fabricants de bonbons américains Fannie May (115 millions de dollars en mai 2017) et Ferrara, fabricant des bonbons Red Hots et Trolli (environ 1,3 milliard de dollars, en décembre). En janvier 2018, il a acquis la totalité de l'activité de confection américaine de Nestlé pour 2,8 milliards de dollars.

Malgré l'omniprésence de ces produits, Giovanni Ferrero lui-même et son entreprise restent très discrets. A tel point que leurs mesures de sécurité ont été comparées à celles de la Nasa, par peur d'espionnage industriel. Aucune conférence de presse n'est organisée par l'entreprise, pas même pour communiquer les résultats annuels. Aujourd'hui encore, ce milliardaire cultive le mystère et n'a accordé sa première interview qu'à l'âge de 53 ans à la presse américaine. Il est marié à Paola Rossi, fonctionnaire à la Commission européenne, avec qui il aurait eu deux enfants, toujours selon le magazine Forbes.