Frédéric Bodereau (Barilla) : "Quand nous avons racheté Harrys, il y avait 22 ingrédients dans le pain. Il y avait de tout"
Barilla a entamé dès 2008 son virage vers le développement durable.

- Publié le 27-07-2021 à 10h30

C'est forcément tendance : le slogan "Good for You, Good for the Planet" n'est pas en soi des plus originaux dans un secteur agro-alimentaire où toute entreprise qui se respecte martèle un message durable et responsable.
"Notre approche a été formulée par les frères Barilla dès 2008, quand le concept de développement durable n'était pas encore à la mode", rappelle Frédéric Bodereau, Managing Director Benelux, en poste depuis 2018. "Concrètement, c'est la volonté d'améliorer constamment le profil nutritionnel des produits que l'on propose aux consommateurs."
Concrètement, donc ? "Cela se traduit par 450 produits et recettes reformulés, entre 2010 et 2020. Cela concerne les sauces ou des produits de boulangerie." L'évolution des produits Harrys depuis 2008, date du rachat du groupe de boulangerie par Barilla, est mise en avant par Frédéric Bodereau.
"Pour nos produits Harrys, ils sont aujourd'hui 100 % sans additifs. Cela ne se fait pas du jour au lendemain. Quand nous avons racheté Harrys, il y avait 22 ingrédients dans le pain. Il y avait de tout. Aujourd'hui, c'est 10 ingrédients, tous naturels".
Le sandwich, produit spécifique pour le marché belge lancé en 2017, a lui aussi évolué. "Nous avons relancé le produit voilà un mois. Nous le proposons avec un Nutri-Score B, ce qui est à ma connaissance le seul produit de cette catégorie à avoir un Nutri-Score aussi favorable".
L'huile de palme exclue
Cette approche "Good for You" est "un processus qui continue chaque jour via l'énorme travail du département recherche et développement pour faire en sorte que les produits restent aussi bons tout en retirant ou en réduisant les ingrédients comme le sucre et le sel en optant pour les ingrédients les plus naturels possible".
Barilla a par exemple banni en 2016 l'huile de palme de ses produits, pour des raisons environnementales mais aussi nutritionnelles. Le tournant a pris six mois. "C'est une décision onéreuse car pour un groupe comme Barilla, c'est 30 millions d'euros de coûts supplémentaires par an."
Le durable se décline aussi avec l'approvisionnement en matières premières. "Le blé que l'on achète, c'est du blé de champs qui n'ont pas été traités au glyphosate. Nous achetons aussi le blé près de nos usines et non plus au Canada, comme c'était le cas voilà quelques années."
Hausse des prix ?
Le prix du blé, justement augmente. Avec quelles répercussions pour le consommateur ? "En tant que producteur, nous sommes bien entendu touchés par la forte demande sur les matières premières agricoles, avec des augmentations de prix sur le blé dur, le blé tendre et d'autres. La pression inflationniste est également alimentée par une augmentation de prix du coût de l'énergie et de nos emballages. Il y a une partie de ces augmentations que l'on prend sur notre marge et une partie que l'on essaye aussi de refléter dans les prix de vente à nos clients".
Ce sont toutefois les distributeurs – les chaînes de supermarché par exemple – qui restent les grands maîtres de la fixation des prix au consommateur.
