Béatrice Foucher, directrice générale de DS : "En 2024, nous lancerons une voiture électrique avec 700 km d'autonomie"
DS Automobiles lance son quatrième modèle. La DS4 doit bousculer le segment premium. Rencontre avec sa directrice générale, Béatrice Foucher.

- Publié le 06-09-2021 à 08h31
- Mis à jour le 06-09-2021 à 08h32

Les dirigeants de DS Automobiles ne sont pas peu fiers de la nouvelle venue, la DS4, dans leur gamme. Elle est appelée à renforcer la marque dans le segment premium en se positionnant face à Audi, BMW ou encore Mercedes, qui dominent ce marché.
"Notre part de marché dans le segment premium était de 1,50 % en 2020, ce qui nous permet d'intégrer la catégorie 2 aux côtés de Volvo et de Tesla. Nous en sommes assez fiers", souligne Béatrice Foucher, directrice générale, lors d'une présentation internationale. La DS4 est proposée en versions essence et hybride. Pour l'électrique, ce sera en 2024. D'ici là, DS va travailler sur la délicate question du temps de recharge et de la disponibilité des bornes, "afin qu'une voiture électrique soit un plaisir et non pas une contrainte".
Que représente DS Automobiles en 2021 ?
Lorsque nous avons relancé la marque DS en 2014, comme marque unique et non plus comme une sous-marque de Citroën, l'idée était de la raccrocher à l'imaginaire de la DS de 1955, un imaginaire d'innovation, d'avant-garde, de technologie, de confort exceptionnel. DS Automobiles, c'est donc un positionnement unique, l'alliance du savoir-faire français et de la technologie dans un esprit d'avant-garde. C'est ce qui nous distingue des autres marques. Pour les voitures sorties depuis 2018, on fait la part belle à ce savoir-faire avec, par exemple, des traitements inédits de matériaux.
Vos clients sont-ils sensibles à cette approche ?
Nos clients achètent un esprit, un raffinement, un design différent, soit des choses qu'ils ne voient pas dans l'automobile traditionnelle. Nous allons continuer à cultiver cette approche. Nous avons lancé un concours sur les métiers d'art pour que des créateurs nous apportent des idées sur la confection et de nouveaux matériaux à l'intérieur de l'habitacle.
Pourquoi acheter une DS plutôt qu'une premium allemande ?
Quand une personne a une maturité sociale et n'est pas dans un rapport mimétique avec le groupe, en étant capable de se détacher de ce mimétisme, elle est en mesure de faire des choix propres. Les clients à qui on parle le mieux, ce sont des clients qui font leur choix propre et qui ne le font pas par rapport à un groupe. Nous avons une partie de clients que nous accompagnons en montée vers le premium. Peut-être n'avaient-ils jamais osé acheter une premium allemande par timidité ou par crainte d'afficher une certaine arrogance. DS a tout d'une allemande, mais elle permet au client de se sentir plus à l'aise. Il y a aussi des clients qui en avaient un petit peu marre de tourner en rond dans leurs choix automobiles et qui ont envie d'essayer une nouvelle expérience de marque. Il y a une tendance sociétale à vouloir essayer quelque chose de nouveau. C'est pour cela que des marques comme Tesla émergent, au-delà de l'expérience électrique. Nous avons aussi un quart de clients qui avaient une voiture premium auprès d'un autre constructeur. Ce chiffre a doublé en 2 ans.
La moitié de vos ventes sont réalisées en France : une force ou une faiblesse ?
Nous nous devons de bien réussir dans notre pays, comme Toyota au Japon ou Hyundai-Kia en Corée du Sud. Nous devons encore croître en volume, notamment dans des pays comme l'Allemagne ou la Grande-Bretagne. Il faut mettre des voitures dans la rue. Pour ça, il faut soigner notre notoriété. Il faut ensuite nous crédibiliser. La Formule E (l'équivalent de la Formule 1 en version électrique, NdlR) nous crédibilise. Nous pouvons affirmer que nous sommes les meilleurs constructeurs car nous avons été deux fois champions du monde. Nous sommes les seuls pour l'instant.
L'électrification de la gamme, c'est pour quand ?
À partir de 2024, toutes nos nouvelles voitures seront des véhicules électriques et toutes nos ventes seront des voitures électrifiées, qu'elles soient 100 % électriques ou hybrides, rechargeables ou non (c'est-à-dire avec une adjonction de puissance électrique). Nous ne vendrons plus de modèles diesel ou essence classiques.
Le prix est bien souvent un obstacle à l'achat. Vont-ils baisser ?
Le prix d'une voiture électrique, c'est en gros celui de la batterie, qui représente environ 40 % du prix. C'est énorme. Nous devons réussir à baisser le prix de ces batteries. Tout le marché anticipe une baisse drastique du prix par rapport au moment où le marché a commencé à en parler, il y a 5 à 6 ans
Et pour l'autonomie ?
Ce qui est important, c'est le nombre de kilomètres que vous pouvez parcourir d'une traite. Ce qui est important aussi, c'est le temps de charge. Ce sont les deux axes sur lesquels nous travaillons. En 2024, nous lancerons une voiture avec 700 km d'autonomie en cycle homologué et notre objectif est d'avoir alors un temps de recharge au meilleur niveau. De manière globale, plus le temps de charge sera faible, moins les voitures devront embarquer une charge de kilowatts-heure importante et cela jouera aussi sur le poids de la voiture et sa consommation. L'équation temps de charge, kilowatts-heure embarqués et prix de la voiture va s'ajuster dans les dix ans à venir.
