La Région bruxelloise veut davantage investir dans les start-up innovantes
Brustart, filiale de Finance&Invest Brussels, a été recapitalisée à hauteur de 8,6 millions d'euros.

- Publié le 24-12-2021 à 10h00
- Mis à jour le 24-02-2022 à 18h11

Ils sont passés chez le notaire, mercredi, pour une triple opération de (re)capitalisation. "Ils", ce sont Barbara Trachte, secrétaire d'État bruxelloise chargée de la Transition économique, et Pierre Hermant, CEO de Finance&Invest Brussels (le bras financier de la Région bruxelloise). Trois opérations étaient soumises à la signature : capitalisation du nouveau fonds "boosting.brussels" à hauteur de 80 millions d'euros (dont 20 millions à charge de la Région) ; recapitalisation de Brusoc, la filiale de Finance&Invest Brussels qui cible les TPE, les entreprises sociales et les coopératives (pour 15 millions) ; et recapitalisation de Brustart, autre filiale de Finance&Invest Brussels (pour 8,6 millions). Si les deux premiers dossiers ont déjà été rendus publics, ce n'est pas le cas du troisième.
Brustart est un outil de financement bien connu des entrepreneurs bruxellois. Son cœur de métier est le soutien aux start-up, spin-off universitaires et jeunes PME innovantes en phase de démarrage ("pre-seed" et "seed"). C'est une phase toujours délicate pour les entrepreneurs, qui font le pari de l'innovation sans avoir encore la garantie de le gagner. "Jusqu'ici, on manquait de moyens pour accompagner cette catégorie de paris entrepreneuriaux. L'enveloppe Brustart était de 1,2 million d'euros par an, ce qui permettait de s'engager sur une dizaine de dossiers. C'est insuffisant. Avec la recapitalisation de 8,6 millions, on va passer à une trentaine d'interventions en faveur des start-up bruxelloises", expose Pierre Hermant.
Des moyens et une méthode
Sur les 8,6 millions de recapitalisation, Barbara Trachte a proposé au gouvernement bruxellois de contribuer à hauteur de 5 millions d'euros (ce qui a été accepté mi-décembre). À côté de cet investissement public, Finance&Invest Brussels, dont une partie de l'actionnariat est privé, investit 3,6 millions. "Brustart va pouvoir monter en puissance au bénéfice des jeunes entreprises bruxelloises qui innovent, souligne Barbara Trachte. Cela participe aussi de notre volonté de compléter et de professionnaliser toute la chaîne des outils de financement bruxellois".
Par insuffisance de moyens mobilisables à l'échelon de Brustart, un trop grand écart existait entre l'offre de financement octroyée en amont par Innoviris pour les entreprises innovantes et celle octroyée traditionnellement par Finance&Invest Brussels à des entreprises en croissance.
L'objectif de Brustart est d'aider les start-up à atteindre une maturité commerciale et technique suffisante afin de les mettre sur les rails d'une croissance soutenue et durable. Pour objectiver ses choix et miser, autant que possible, sur les futures pépites bruxelloises, Finance&Invest Brussels s'est doté d'un outil développé par WSL (incubateur wallon des "techno-entrepreneurs"). Cet outil, appelé "MatMax", permet de mesurer le degré de maturité commerciale et technique d'un projet entrepreneurial innovant.
Connexion universitaire
Brustart intervient dans les start-up sous forme de prêt, de participation minoritaire dans le capital ou d'obligation convertible. Le financement peut s'élever à 250 000 euros maximum. Parmi les dernières start-up ayant obtenu un financement de Brustart, en capital ou en prêt, on peut citer Noosa (production de fibre textile 100 % recyclable), MoveUp (télémédecine), Grainz (logiciel pour Horeca) ou encore Greenomy (finance durable).
On notera, enfin, que la recapitalisation de Brustart ouvre aussi la porte à l'entrée des universités présentes à Bruxelles (VUB, ULB, UCLouvain…) dans le capital de la filiale de Finance&Invest Brussels. Le sujet est en tout cas sur la table et, si les discussions aboutissent, cette entrée pourrait déjà se faire dans le courant de 2022.
