Pay4Climate innove avec sa solution de paiement : "La blockchain émerge comme une solution prometteuse"
Libre Eco week-end | Pay4Climate, jeune pousse wallonne, a développé une solution de paiement "pro-climat", basée sur la technologie blockchain, à destination des entreprises. Une solution à laquelle collaborent plusieurs sociétés wallonnes.

- Publié le 26-01-2024 à 08h49

Tout comme d'autres personnes ayant décidé de créer une start-up ces quatre dernières années, Samuele Bennici dit avoir eu un déclic lors de la pandémie de Covid-19. "Jusque-là, je n'avais jamais fait le lien entre pandémie et crise climatique. Quand j'en ai pris conscience, j'ai ressenti le besoin de faire quelque chose", raconte cet Hennuyer de 43 ans actif, depuis une dizaine d'années, dans une agence immobilière sociale bruxelloise. La crise climatique n'est pas directement à l'origine de la pandémie de Covid. On sait toutefois que la déforestation et la perte de biodiversité augmentent le risque de transmission de maladies d'origine animale aux humains, ce qui pourrait avoir contribué à l'émergence du Covid-19.
Pour Samuele Bennici, ce besoin d'agir en faveur du climat s'est concrétisé, mi-2022, par la création de Pay4Climate. "J'avais été très choqué en découvrant la quantité de CO2 dans l'atmosphère mesurée en gigatonnes. Quand j'ai expliqué à mon fils ce que ça représentait, il a eu une réponse que j'ai trouvée géniale : "Papa, il suffit d'aspirer tout ce CO2 et il partira !" J'ai commencé à faire des recherches sur Internet pour voir si quelqu'un y avait déjà pensé". Et, de fait, des solutions de ce type existent déjà. Mais il se rend compte que beaucoup d'entre elles peinent à se développer faute de financements.
Les atouts de la blockchain
Intéressé par la blockchain, Samuele Bennici va utiliser la technologie de "chaîne de blocs" pour développer une solution permettant aux entreprises de contribuer à la réduction du CO2 présent dans l'atmosphère (tout en continuant, il va s'en dire, à réduire les nouvelles émissions de CO2 !). Il trouve en BE Blockchain, jeune société wallonne spécialisée dans le développement et l'intégration de solutions Web3, un partenaire idéal pour créer cette solution.
La problématique, pour Pay4Climate et Be Blockchain, est la suivante : comment dynamiser le marché des crédits carbone afin d'en améliorer la liquidité, l'efficacité et la traçabilité, et, par la même occasion, d'augmenter la confiance des entreprises ? "La nécessité d'une plus grande transparence et d'une preuve vérifiable de chaque tonne équivalent CO2 dont l'émission a été réellement évitée ou séquestrée par les entreprises est essentielle, expliquent Samuele Bennici et Harold Kinet, cofondateur de Be Blockchain. Dans ce contexte, la blockchain émerge comme une solution prometteuse".
Une solution "win-win"
La solution de Pay4Climate consiste, comme le nom de la start-up l'indique, en une solution de paiement au bénéfice de projets d'élimination du dioxyde de carbone (Carbon Dioxide Removal, CDR). Pour ce faire, Pay4Climate propose aux entreprises d'acquérir des tokens CDR sur une blockchain publique (Polygon, en l'occurrence). L'engagement est qu'à chaque achat de token, une action réelle est soutenue pour éliminer une tonne de dioxyde de carbone de l'atmosphère. "On veut montrer aux entreprises que notre solution est non seulement bénéfique pour lutter contre le réchauffement climatique, mais aussi pour booster leur impact ESG (critères environnementaux, sociaux et de gouvernance) moyennant une fraction de ce qu'elles investissent généralement dans leur budget marketing, soit environ 1 % de leur chiffre d'affaires".
"Pay4Climate est une solution 'plug&play' qui s'intègre de manière sécurisée au système ERP de l'entreprise."
S'il existe déjà des solutions de paiement pour aider les entreprises à réduire le C02 (dont celle de la fintech Stripe), celle proposée par Pay4Climate a, comme déjà expliqué, la particularité de recourir à la blockchain. "C'est aussi une solution plug&play qui s'intègre de manière sécurisée au système ERP de l'entreprise (un ERP est un logiciel que les entreprises utilisent pour gérer leurs activités au quotidien, NdlR), souligne Samuele Bennici. Les contributions de l'entreprise sont converties en stablecoins (monnaie numérique adossée à une valeur refuge, NdlR) sur une blockchain, ce qui rend le processus transparent et automatisé. La contribution collectée est alors utilisée pour acheter des CDR via un smart contract". Pay4Climate propose en outre un accompagnement de ses clients (évaluation de l'empreinte CO2, planification et mise en œuvre de la solution, communication de l'impact…).
Du prototypage à la phase pilote
Pay4Climate a terminé la phase de prototypage de sa solution. Depuis un mois, la jeune pousse est incubée par l'accélérateur carolo A6K. Un partenariat a par ailleurs été conclu, début janvier, avec la start-up wallonne Awit – spécialisée dans l'optimisation et la digitalisation – pour faciliter l'intégration de Pay4Climate dans les écosystèmes ERP (tels que celui de la "licorne" wallonne Odoo). "Nous allons entrer dans une phase pilote de déploiement de la solution afin de permettre à des entreprises de tester Pay4Climate, explique Samuele Bennici. On collabore avec une société de consultance universitaire allemande qui nous aide à cibler des entreprises clientes en Allemagne, un des principaux marchés pour les CDR en Europe. Des collaborations similaires en Belgique sont également en phase de démarrage".
