La patronne de KLM : "On va remplacer tous nos vols de Bruxelles à Amsterdam par des voyages en trains"
Marjan Rintel, la directrice générale de la compagnie aérienne néerlandaise, veut mettre un terme définitif aux sauts de puce entre les aéroports de Zaventem et Schiphol. Ces vols sont encore au nombre de quatre par jour. Une aberration écologique pour beaucoup.

- Publié le 26-03-2024 à 19h29
- Mis à jour le 26-03-2024 à 20h17

Il y avait du beau monde ce mardi pour l'inauguration du nouveau Terminal Air&Rail des compagnies Air France et KLM à la gare de Bruxelles-Midi. Avec ces bâtiments rénovés, les deux transporteurs aériens entendent "booster" ce service permettant de combiner, dans une même réservation, un voyage en train à grande vitesse et en avion. "Il y a encore beaucoup de gens qui ne connaissent pas cette possibilité que nous donnons de pouvoir enregistrer les bagages dès la Gare du Midi et ce jusqu'à la destination finale", explique Natascha Herisson, porte-parole chez Air France. Un passager qui part, par exemple, depuis Bruxelles vers New York, via l'aéroport de Charles de Gaulle à Paris, peut déposer ses valises au comptoir de la gare bruxelloise et les récupérer directement à son aéroport d'arrivée à Big Apple. Notons que le système est un peu plus compliqué vers les Pays-Bas, puisque le passager doit lui-même débarquer ses bagages du train et faire l'enregistrement, "de manière prioritaire", à l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol.

Lancé en 2001, le service Air&Rail a déjà transporté près de 4,5 millions de passagers entre la Belgique, la France et les Pays-Bas. De passage à Bruxelles, Marjan Rintel, la présidente du directoire et directrice générale de la compagnie néerlandaise KLM, veut en faire davantage. "Nous voulons intégrer le train comme alternative à l'avion sur les liaisons courtes en Europe. En étroite collaboration avec nos partenaires, cela permet de faciliter l'accès à plus de 300 destinations à travers le monde via les aéroports de Paris-Charles de Gaulle et Amsterdam Schiphol", développe la patronne néerlandaise. Cette dernière voit cette rénovation du bâtiment de la gare du Midi comme un "symbole" de l'agenda environnemental de KLM. "Notre engagement est de privilégier le train sur des distances de moins de 600 km depuis Amsterdam. C'est très important d'être là pour monter que nous sommes engagés sur cette voie". Selon Marjan Rintel, ce service va demander pas mal d'investissements, notamment dans les infrastructures. "Tout le monde doit s'y mettre : autorités publiques, aéroports, opérateur de train, compagnies, … Ce n'est pas qu'une question d'argent, mais aussi de bonne collaboration entre les différents partenaires."
Notre engagement est de privilégier le train sur des distances de moins de 600 km depuis Amsterdam".

Si Air France a arrêté depuis longtemps ses sauts de puce en avion entre Bruxelles et Paris, ce n'est pas encore le cas de la compagnie néerlandaise qui propose toujours quatre vols quotidiens depuis Zaventem vers Amsterdam. Une aberration écologique pour beaucoup : les deux villes étant séparées de 220 km, soit deux heures en train. "Nous étions encore à 5 vols quotidiens il n'y a pas si longtemps. L'idée est évidemment d'encore réduire ce nombre, insiste Marjan Rintel. À terme, nous arrêterons de voler vers Bruxelles : on va remplacer tous nos vols entre les deux villes par des voyages en trains". Mais pour y arriver, la patronne estime qu'Eurostar doit augmenter ces capacités. "On est en négociation avec l'opérateur ferroviaire sur le sujet. Aujourd'hui les trains sont complets. Il faut aussi de meilleures connexions le week-end, avec des trains plus matinaux pour que les passagers belges puissent atteindre l'aéroport de Schiphol à temps et ne pas rater leur vol".
Notons enfin que KLM ne sait toujours pas de quoi sera fait son avenir à sa base d'Amsterdam- Schiphol où les autorités néerlandaises veulent diminuer de 15 % les nuisances sonores. Ce qui pourrait passer peut-être par une diminution de l'activité de la compagnie néerlandaise. "Nous avons montré au gouvernement néerlandais que nous pouvons arriver à cette diminution sonore sans réduire notre activité, avec notamment une flotte moins bruyante, insiste Marjan Rintel. On ne saura que dans six mois, voire un an quelle sera la décision retenue et si nos activités vont en être impactées".