"Les politiques ont fait le constat avec nous : ils ont été bernés par Audi"
Ce mercredi, une "task force" entre le Fédéral et les syndicats s'est déroulée, sans grandes avancées. Le constat reste amer : les promesses ne sont pas tenues.

- Publié le 09-10-2024 à 18h37
- Mis à jour le 09-10-2024 à 19h13

"J'ai perdu une heure", lance Pascal Debrulle, délégué FGTB, après le conseil d'entreprise extraordinaire chez Audi Brussels ce mercredi, qui devait faire le point sur l'avenir des sous-traitants du site, soit environ 1 500 travailleurs. Une cohorte qui s'ajoute aux 3 000 travailleurs d'Audi qui sont sur le point de perdre leur emploi.
Et qu'a donné la "task force" qui réunissait dans l'après-midi le Premier ministre sortant Alexander De Croo (Open VLD), le ministre de l'Économie sortant Pierre-Yves Dermagne (PS) et les syndicats dans la foulée au 16, rue de la Loi ?
"Audi reste dans le flou artistique"
"Les politiques font également le constat qu'ils ont été bernés par Audi. On se dirige bien va vers la fermeture. Ils affirment vouloir utiliser tous les relais possibles pour trouver d'éventuels repreneurs, pendant qu'Audi reste dans le flou artistique, mais rien de plus", affirme-t-il. La direction d'Audi n'était d'ailleurs pas présente à cette réunion.
Des promesses…
Quid des promesses de révision de la loi Renault faite par certains parlementaires le 18 septembre dernier, lors de leur visite à l'usine de Forest, afin d'inclure les sous-traitants dans celle-ci et protéger ces travailleurs (qui n'ont pas les mêmes droits que les travailleurs d'Audi) en cas de fin des activités du site ? "Absolument rien n'a été fait. Des promesses, comme d'habitude, qu'ils ne peuvent pas tenir", avance le syndicaliste.
"Absolument rien n'a été fait. Des promesses, comme d'habitude, qu'ils ne peuvent pas tenir"
"La seule chose qu'on a apprise, c'est que le seul candidat intéressé, qui pourrait éventuellement sauver 1 500 jobs, n'est peut-être pas issu du monde automobile, contrairement à ce qui a été dit jusqu'à présent", glisse-t-il, précisant que les discussions reprendront le 15 octobre à ce propos.
"Malheureusement, la task force a constaté ce que nous avions déjà émis comme crainte en juillet, celle qu'il n'y a pas d'avenir pour le site. Et Audi Brussels ne nous donne pas les informations nécessaires. Ils se cachent derrière la confidentialité à chaque fois. Notre crainte est que le futur gouvernement Arizona, plus à droite, ne soit pas favorable aux travailleurs. On espère tout de même que les décisions ne nuiront pas à leurs intérêts…" précise le permanent syndical CNE Ludovic Pineur.
"La casse sociale ne pourra pas être évitée", a également commenté Hillal Sor, secrétaire général des Métallos FGTB.
"On a tout de même l'impression qu'Audi torpille les projets d'éventuels repreneurs… Ils veulent juste se débarrasser du terrain et se fichent de conserver des jobs", avance encore Pascal Debrulle.
Alexandrer De Croo a, de son côté, appelé "les deux parties, patronat et syndicats, à développer un plan à court terme qui donne aux gens une perspective sur l'avenir". Un vœu pieux, pour le moment.
