"Surréaliste": Meta vire plusieurs employés qui ont profité de leurs chèques-repas pour acheter du dentifrice
L'entreprise de Mark Zuckerberg a mis à la porte une douzaine d'employés qui auraient abusé du système de chèques-repas interne de l'entreprise.

- Publié le 18-10-2024 à 13h15
- Mis à jour le 18-10-2024 à 13h31

Meta, qui détient notamment Facebook et Instagram, a licencié une douzaine de membres du personnel à Los Angeles. La raison ? Ces derniers ont utilisé leurs chèques-repas offerts par l'entreprise pour acheter des articles ménagers, y compris du dentifrice, des verres à vin et du détergent à lessive. Cette vague de licenciements a été annoncée la semaine dernière, alors que Meta a programmé mardi dernier une restructuration de certaines équipes liées à WhatsApp, Instagram et Reality Labs, le service de réalité augmentée et virtuelle de l'entreprise.
La "campagne d'efficacité" de Mark Zuckerberg
L'entreprise offre à ses employés basés dans son vaste siège social de la Silicon Valley des crédits alimentaires chaque jour de travail, sorte de chèques-repas internes à l'entreprise. Les employés des bureaux sans cantine se voient donc offrir des crédits de livraison de nourriture au bureau. "Ils reçoivent 20 dollars pour le petit déjeuner, 25 pour le dîner et 25 pour le souper de la part de l'entreprise", explique le Financial Times, qui a révélé cette affaire par l'intermédiaire de différentes sources. Mais ces crédits repas doivent être exclusivement utilisés pour commander de la nourriture sur la plateforme Uber Eats ou Grubhub, la version américaine de Takeway.
"Ils ont reçu un avertissement pour arrêter d'agir de la sorte. Mais trois mois plus tard, même après avoir arrêté leurs agissements, ils ont été renvoyés."
Le souci, c'est que plusieurs employés ont "abusé de ce système de crédit alimentaire pendant une longue période", affirme une personne familiarisée avec la question. "Certains ont acheté des articles ménagers, y compris du dentifrice, des verres à vin et du détergent à lessive", ajoute-t-elle, "tandis que d'autres recevaient des repas à la maison même si les crédits étaient destinés au bureau". Les personnes qui ont violé les règles de Meta ont donc été verbalement réprimandées. "Ils ont reçu un avertissement pour arrêter d'agir de la sorte. Mais trois mois plus tard, même après avoir arrêté leurs agissements, ils ont été renvoyés", a expliqué un employé de l'entreprise sur la plateforme de messagerie anonyme Blind.
Sur cette même plateforme, une ancienne employée de Meta a écrit qu'elle avait utilisé 25 dollars de crédits pour acheter des articles comme du dentifrice et du thé de la pharmacie Rite Aid. "Les jours où je ne mangeais pas au bureau, par exemple si mon mari cuisinait ou si j'allais dîner avec des amis, je me suis dit que je ne devrais pas gaspiller mes crédits pour le dîner et que c'était pertinent de les utiliser autrement", explique-t-elle. Ajoutant qu'elle avait été surveillée par le département des ressources humaines de Meta, avant d'être congédiée de manière inattendue. "C'était presque surréaliste que cela se produise", a-t-elle écrit sur Blind.
Cette vague de licenciements tombe en pleine "campagne d'efficacité" mise en avant par le directeur général de Meta, Mark Zuckerberg. Ce dernier avait annoncé environ 21 000 suppressions d'emplois en deux séries de licenciements en 2022 et 2023, appelant ces périodes des "années d'efficacité". Mais plusieurs employés ont affirmé au Financial Times que cette "campagne d'efficacité" est toujours en cours.
Meta n'a pas commenté la vague de licenciements liée aux crédits alimentaires. Mais l'entreprise a toutefois déclaré qu'aujourd'hui, "quelques équipes de Meta procèdent à des changements pour s'assurer que les ressources sont alignées sur leurs objectifs stratégiques à long terme et leur stratégie d'implantation".
