Pourquoi les ventes de Tesla sont en chute libre en Belgique et en Europe ?
Plusieurs raisons peuvent expliquer cette baisse généralisée sur le continent, notamment les dernières frasques de son fondateur Elon Musk.

- Publié le 07-02-2025 à 12h08
- Mis à jour le 07-02-2025 à 13h49

L'Europe se détournerait-elle du pionnier des voitures électriques ? Tesla, qui a dominé le marché pendant un moment, voit ses ventes plonger spectaculairement sur le Vieux Continent. En janvier, les immatriculations ont chuté de 63 % en France, de 44 % en Suède, de 38 % en Norvège et de 42 % aux Pays-Bas. En Belgique, la marque recule aussi de 44 %, réduisant sa part de marché à 2,48 %, contre 3,91 % un an plus tôt selon les chiffres publiés par la Febiac, la Fédération belge de l'Automobile et du Cycle. Cela correspond à 1 008 immatriculations, contre 1 826 l'année précédente.
Si la chute est si brutale, c'est notamment en raison de l'image du fondateur excentrique, Elon Musk. Le patron de Tesla n'est jamais avare de prises de position polémiques. Ces dernières semaines, son soutien affiché à l'extrême droite allemande, le parti AfD, en pleine campagne pour les élections législatives du 23 février a déclenché une vague de critiques. En Allemagne, où Tesla possède une Gigafactory, cette irruption dans le débat politique passerait mal. De plus, son nouveau rôle au sein de l'administration américaine et ses nombreuses autres interventions douteuses alimenteraient une méfiance chez certains consommateurs.
Une opinion négative de la marque
D'ailleurs, ce malaise se reflète dans les perceptions : en Suède par exemple, seulement 11 % des habitants conservent une opinion positive de Tesla. Aux Pays-Bas, un tiers des propriétaires envisagent de se séparer de leur voiture, jugeant les agissements d'Elon Musk nuisibles à l'image de la marque, selon une enquête publiée en janvier du média EenVandaag.
Mais en Belgique aussi, certaines sociétés de leasing font le choix de ne plus proposer de Tesla. Si cela n'est pas une tendance fortement marquée chez nous, cette décision reste malgré tout assez inédite dans le secteur de l'automobile.
Pas qu'un boycott
Toutefois, l'effondrement des ventes ne semble pas relever que d'un rejet idéologique pur et simple. Certains analystes pointent également une absence d'innovation ces dernières années. La Model Y, le véhicule du constructeur le plus vendu en Europe, n'a pas été renouvelée depuis 2021.
Du pain béni pour ses concurrents, notamment venu de Chine. BYD notamment, qui prend de plus en plus de parts de marché sur le continent. En janvier, le constructeur a quasiment doublé son nombre d'immatriculations, passant de 131 à 247. Cela reste assez minime, étant donné que la marque a occupé 0,61 % des immatriculations belges en janvier. Mais le constructeur ne manque pas d'ambition pour l'avenir. "Nous sommes ambitieux et ne voulons pas rester un petit joueur. Nous visons le top 10", avait confié le directeur général de BYD Belux, Joris Clavie, dans nos colonnes.
Pour inverser la tendance, Tesla va donc miser sur le rafraîchissement de son modèle phare. Déjà disponible en concession, cette nouvelle version devrait être livrée aux premiers clients dès mars. Suffisant pour relancer la dynamique ?
