Trump veut la tête du patron de la Fed: l'indépendance de la banque centrale américaine risque d'agiter les marchés
L'indépendance de la Fed est au cœur de toutes les craintes pour les prochains jours.
- Publié le 18-04-2025 à 19h29

L'imposition de tarifs exorbitants sur les importations en provenance de Chine par Donald Trump est en train de provoquer un très net ralentissement du commerce international entre la Chine et les Etats-Unis, ce qui va entraîner un choc sur l'ensemble de la chaîne logistique pour certains secteurs qui se reposaient massivement sur des biens produits en Chine. Si des options seront probablement trouvées à moyen terme (via des pays moins exposés sur la hausse des tarifs comme le Vietnam), l'impact à court terme va être important.
La semaine écoulée a vu un nouvel écartement remarquable des performances boursières entre les Etats-Unis et l'Europe. Les indices américains ont abandonné respectivement 1,5% pour l'indice S&P500 et 2,3% pour le Nasdaq 100, tandis que les indices européens ont progressé pratiquement toute la semaine (raccourcie) pour terminer sur un gain de 4% pour de DAX (Francfort), de 3% pour l'Euro STOXX 50 et de 2,3% pour le CAC40.
Perte de confiance
Pour Ilya Vercammen (Chef stratégiste chez Puilaetco), les événements récents ont ébranlé la confiance des entreprises et des consommateurs américains, avec un scénario de stagflation qui est de plus en plus dans les esprits des investisseurs. "La position unique que les actifs américains ont historiquement acquise en tant que pierre angulaire du système financier mondial montre des signes d'affaiblissement, et les marchés s'attendent désormais à ce que les investisseurs revoient à la baisse leur allocation sur les actifs américains".
Ces évolutions s'expliquent également par les perspectives très divergentes des politiques monétaires menées dans les deux blocs économiques, avec une Réserve Fédérale qui a une nouvelle fois confirmé qu'elle resterait en pause pour le moment dans l'attente de données économiques quant à l'impact des hausses de tarifs sur l'activité économique et l'inflation. A l'inverse, la BCE a descendu son taux directeur pour la septième fois en un an, pour le faire tomber à 2,25%. Christine Lagarde a également indiqué s'attendre à un impact de la hausse des tarifs sur la croissance européenne, ce qui semble indiquer que l'institution pourrait encore baisser davantage le loyer de l'argent lors de ses prochaines réunions.
Pour les prochains jours, il faudra être particulièrement attentif aux velléités de l'administration Trump de limoger Jerome Powell de son poste de président de la Réserve Fédérale. Si le magnat parvenait à ses fins, les marchés seraient très rapidement mis sous pression en raison de la perte de l'indépendance de la banque centrale américaine. Dans ce contexte particulièrement anxiogène, le cours de l'or s'est une nouvelle fois envolé, pour dépasser désormais la barre des 3300 dollars / once.
Soutien Immobilier
A Bruxelles, l'indice BEL20 a terminé la semaine sur un gain de 4%, avec l'ensemble des composantes de l'indice terminant en territoire positif, un événement assez rare que pour être signalé. Outre la progression remarquable d'AB Inbev (+6%), ce sont les valeurs immobilières qui ont été à la fête, la baisse du taux de la BCE étant de nature à fortement soulager leur situation financière durant le reste de l'année. Montea a grimpé de 8%, contre des hausses de 9% chez Aedifica et Cofinimmo, et de plus de 10% chez WDP.
