Donald Trump fait trembler Hollywood
Ses opposants estiment qu'il ne dispose pas de l'autorité pour imposer une telle mesure.

- Publié le 05-05-2025 à 10h34
- Mis à jour le 05-05-2025 à 10h51

Donald Trump est un grand fan de westerns. Mais dans ses duels, au traditionnel Colt, il préfère une arme bien plus destructrice : les droits de douane. En les imposant à tout-va à l'encontre de tous les pays, il sait qu'il va affaiblir son vieil ennemi, Hollywood, à qui il reproche d'avoir soutenu bien trop massivement Joe Biden ou de se moquer de lui. Si les "tariffs" augmentent, le coût de la vie aussi, et les Américains couperont d'abord dans le secteur des loisirs, donc dans les entrées au cinéma.
Mais avant que cette mesure ne prenne effet, il pourrait se passer du temps. Et le président n'est pas du genre patient. Alors, il vient de dégainer une nouvelle menace, toujours basée sur le même principe : augmenter de 100 % les droits de douane sur les films tournés en dehors des États-Unis. "L'industrie cinématographique américaine est en train de mourir très rapidement, a-t-il expliqué sur son réseau social Truth. Hollywood et de nombreuses autres régions des États-Unis sont dévastés. D'autres pays offrent toutes sortes d'incitations pour attirer nos cinéastes et nos studios loin des États-Unis." A ses yeux, cet "effort concerté de la part d'autres nations" représente "une menace pour la sécurité nationale". Il demande donc à son administration d'" entamer immédiatement le processus d'instauration de droits de douane de 100 %." Nous voulons que les films soient faits en Amérique, à nouveau", clame-t-il. En clair son MAGA (Make America Great Again) devient MMAA (Movies Made in America Again).
Des différences budgétaires énormes
À Hollywood, c'est la panique. Alors que les budgets des blockbusters explosent, les aides fiscales proposées principalement par le Royaume-Uni (jusqu'à 40 % de crédit d'impôt sur les dépenses réalisées outre-Manche) et le Canada (75 % des fictions qui y sont tournées sont américaines) permettent très fortement d'alléger la note finale. À titre d'exemple, celle de Jurassic Park : Dominion est passée de 583,9 millions de dollars de dépenses réelles à un coût final de 465,4 millions de dollars grâce à une aide fiscale britannique de 114,8 millions de dollars. Une sacrée différence. De son côté, la Chine, qui représente le deuxième marché mondial, avait déjà annoncé qu'elle allait réduire "modérément" le nombre de productions hollywoodiennes diffusées sur son territoire.
Des coups durs pour l'industrie du 7e art, qui verrait ses recettes diminuer et ses dépenses augmenter. Avec pour conséquence un impact sur le prix des tickets de cinéma et/ou le budget des blockbusters. Sans oublier le défi que représenterait la reconstitution de décors pour des intrigues se déroulant hors des frontières américaines.
Des mesures illégales ?
Pour les opposants de Donald Trump, dont le gouverneur de Californie, cette mesure serait illégale : "Nous pensons qu'il n'a pas le pouvoir d'imposer des droits de douane en vertu de la loi sur les pouvoirs d'urgence économiques internationaux puisque les droits de douane ne figurent pas sur la liste des mesures prévues par cette loi", explique un représentant du gouverneur Newson.
Quoi qu'il en soit, alors que leurs recettes sont en baisse, les grands studios tremblent sur leurs bases et pour leurs comptes en banque. Avec un impact énorme sur de nombreux pays qui accueillaient les productions hollywoodiennes. Donald Trump a donc déjà réussi en partie son coup.
