Quand le CEO de KBC donne les clés du succès du bancassureur
Toutes les activités ont contribué à un bénéfice record de 3,57 milliards en 2025, a souligné Johan Thijs. Qui met en avant la diversification et l'innovation, et "pas seulement dans Kate", son assistant digital.

- Publié le 12-02-2026 à 18h25
Le discours de Johan Thijs, le CEO de KBC, était une fois encore largement positif ce jeudi lors de la présentation des résultats au dernier trimestre 2025. Il a d'emblée parlé d'une "année très forte" où "toutes les activités ont contribué" à un bénéfice net record qui atteint 3,57 milliards d'euros en 2025. Des résultats qui n'ont toutefois pas dopé l'action (lire ci-dessous).
Revenus d'intérêts
Johan Thijs a fait le lien entre la hausse du cours de l'action (+ 101 % depuis cinq ans) et le modèle du bancassureur. Un modèle qui repose notamment sur une "diversification équilibrée" où les revenus d'intérêts et les autres revenus (essentiellement les commissions perçues sur les fonds de placement) représentent respectivement environ 50 %.
Ce rapport 50/50 était déjà de vigueur en 2021 quand les taux d'intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) étaient négatifs et qu'il était donc plus difficile pour les banques de dégager une confortable marge d'intérêts. "Cela montre que KBC n'est pas vulnérable aux taux d'intérêt", a expliqué Johan Thijs. Pour la plupart des institutions concurrentes comparables à KBC, la proportion des revenus d'intérêts peut monter jusqu'à 60 %, voire 70 %.
Autre élément qui explique la bonne tenue de l'action : la diversification géographique en Europe centrale et orientale (Tchéquie et Bulgarie), des pays où la croissance du produit intérieur brut (PIB) est plus élevée (environ 2,5 %) qu'en Belgique (1 %). "La croissance du PIB est un bon indicateur de notre croissance".
Enfin, Johan Thijs a invoqué la politique de "transformation" des taux de KBC. Quand les taux à court terme sont montés à 4 %, le bancassureur a fait le choix d'allonger la "duration" des taux dans son bilan. "Quand les taux à court terme sont redescendus, tous ceux qui avaient fait le choix de placer à court terme ont été désavantagés".
Il n'y a pas d'objectif de réduction des équivalents temps plein"
L'innovation est aussi un terrain sur lequel KBC compte se démarquer. Sur ce plan, Kate est le "plus connu mais il n'est pas le seul", a insisté Johan Thijs. D'ici 2028, KBC va investir 2 milliards d'euros dans l'innovation, "et ce ne sera pas spécialement dans Kate". Plus besoin de présenter l'assistant digital dont le succès est confirmé par ses 6 millions d'utilisateurs. Les dirigeants de KBC ont toutefois voulu écarter l'idée que ce robot intelligent serait synonyme de rationalisation des effectifs. Ce qu'il fait c'est "améliorer la productivité… Il n'y a pas d'objectif de réduction des équivalents temps plein" , a assuré M. Thijs, tout en reconnaissant que les collaborateurs qui n'arrivent pas à s'adapter aux nouvelles compétences demandées étaient incités à quitter l'entreprise.
Résultat en hausse en 2025
Le bancassureur KBC a réalisé l'an dernier un bénéfice de 3,57 milliards d'euros, soit une hausse de 4 % par rapport à l'année précédente. Sur ces 3,6 milliards d'euros de bénéfice, 2,15 milliards proviennent du marché domestique, soit 305 millions de plus qu'un an auparavant. Les revenus nets d'intérêts ont, eux, augmenté de plus de 9 % en 2025 pour atteindre 6,06 milliards d'euros. Le dividende brut proposé est de 5,1 euros par action.
Malgré ce résultat en hausse, l'action a reculé de 4 %, la tendance boursière dans le secteur bancaire étant à la baisse jeudi.
